Dimanche 4 mai 2008
Et devinez QUI roule en BMW???
JB.



Hier matin, à Toulouse, des inconnus ont projeté une BMW contre les portes de trois garages d'un quartier résidentiel. Le vol ne semble pas être le motif principal des auteurs de ces trois casses bélier qui, en général préfèrent s'attaquer aux commerces.

«Il était 7 heures. Toute la famille dormait encore lorsque nous avons entendu comme une explosion. C'était le choc de la voiture dans la porte du garage », raconte une femme devant les planches déchiquetées rafistolées à la hâte. Ce scénario s'est reproduit à l'identique trois fois de suite, hier matin, rue Lalanne dans un quartier résidentiel situé entre la route de Seysses et l'avenue de la Reynerie à Toulouse. Les auteurs de cette série de dégradations ont utilisé une BMW série 5 noire immatriculée dans le Pas-de-Calais. Ils se sont attaqués aux portails des garages de trois pavillons mitoyens.

Béton fissuré

Les deux premiers portails qui donnent sur la rue, ont été directement enfoncés par la voiture. Particulièrement violente, la première collision a fissuré les montants de béton sur lesquels est fixée la porte de bois.

Pour forcer le troisième garage, situé sous la maison, en retrait de la route, les casseurs ont d'abord brisé la serrure de la grille d'entrée en fer forgé pour entrer dans la cour. Ils ont ensuite projeté leur voiture bélier contre les planches de bois du portail.

Un témoin tiré de son sommeil par le bruit a aperçu trois individus à l'intérieur de la BMW noire. Le propriétaire du troisième garage a, quant à lui, entrevu un « homme grand, habillé de rouge et qui portait une capuche sur la tête », remonter dans la voiture par la portière avant droite puis prendre la fuite avec ses deux complices.

Pas de vol

Les premiers inventaires effectués sur les lieux par les victimes ne font, pour le moment, état d'aucun vol. Les auteurs de ces trois nouveaux casses bélier auraient pu agir que dans le seul but de casser. Très fréquentes à Toulouse et dans la périphérie toulousaine, ces attaques brutales sont généralement commises au préjudice de magasins, et notamment les boutiques de vêtements et les parfumeries, où les auteurs trouvent un butin facile à revendre sous le manteau. Mais il est très rare que les casseurs à la voiture bélier s'en prennent aux résidences des particuliers.

Reste que simple vandalisme ou tentatives de casses avortée, ces dégradations systématiques ont provoqué colère et indignation chez les victimes dont les maisons et les voitures ont déjà été plusieurs fois visitées par des cambrioleurs et des voleurs à la roulotte.

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Samedi 3 mai 2008
L'âge des délinquants baisse sans cesse.Certains enfants connaissent le monde de la racaille avant celui de l'école... Normal?
Néanmoins, depuis le 15 avril 2008, une commission composée notamment de magistrats et de parlementaires se réunit pour préparer la révision de l’ordonnance de 1945, texte régissant la délinquance des mineurs en France. Questions à Nathalie Cohadier, chargée de mission "Enfance en France" à l’Unicef.


Interview de Nathalie Cohadier, chargée de mission "Enfance en France" à l'Unicef.

Sur quoi cette commission va-t-elle travailler ?

Il s’agit de la "commission de réforme de l’ordonnance du 2 février 1945 sur l’enfance délinquante" ou commission André Varinard (du nom de son président). L’ordonnance de 1945 pose les bases de la justice des mineurs. Elle a été réformée une trentaine de fois depuis 1945. Le Ministère de la Justice devrait demander à cette commission de préparer un texte plus lisible (le ministère parle d’une stratification de textes) et surtout plus cohérent dans son ensemble. L’ordonnance de 1945 offre pourtant d’ores et déjà une large palette de mesures pour répondre aux différentes situations de délinquance des mineurs. L’Unicef s’inquiète d’un durcissement possible de la justice des mineurs à cette occasion.

Que redoutez-vous ?

Depuis l’an dernier, dans le cadre de la loi sur la récidive, il n’existe plus d’excuse atténuante de minorité automatique pour les 16-18 ans. Cette année, nous craignons que ce soit le seuil de la responsabilité pénale qui soit enfin clairement fixé mais à un âge trop précoce. La responsabilité pénale est l’âge à partir duquel on considère qu’un mineur est responsable de ses actes et donc est susceptible d’être condamné. L’âge « de discernement », c’est à dire de 7 à 8 ans, est actuellement retenu par la jurisprudence, mais la loi reste trop imprécise sur ce point en France. D’autres pays ont opté pour la fixation d’un seuil de responsabilité pénale clair : par exemple en Allemagne, le seuil est fixé à 14 ans, et en Belgique, à 16 ans.

Que réclame l’Unicef ?

La Convention internationale des droits de l’enfant demande qu’un âge de responsabilité pénale soit fixé et le Comité des droits de l’enfant des Nations unies insiste pour ne pas descendre au-dessous de 12 ans. L’Unicef rappelle que la France a ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant et l’Unicef France reste vigilant sur sa bonne application. D’autre part, les textes internationaux invitent à privilégier les mesures éducatives plutôt que la répression, et ce n’est pas l’inclinaison depuis ces dernières années en France avec le renforcement des mesures privatives de liberté, comme le placement en centres éducatifs fermés. Les experts du Comité des droits de l’enfant avaient d’ailleurs exprimé leur inquiétude sur ce point en 2004.

Pourquoi l’Unicef s’inquiète-t-il des travaux de la commission Varinard ?

Ni les associations, ni les syndicats ne sont représentés parmi les membres de cette commission. Certains seront auditionnés, mais l’Unicef ne fait pas partie de la liste pour le moment. Nous craignons aussi que la commission ne soit influencée par un climat médiatique qui stigmatise régulièrement les jeunes en les présentant comme une menace pour la société. En réalité, il y a 13 à 14 millions d’enfants et d’adolescents en France et seulement 85 000 concernés par des infractions pénales chaque année.

 

 

 

par joeblack publié dans : délinquance
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Lundi 28 avril 2008

Délinquance. Devant l'université du Mirail, les vols, violents, de téléphone et d'ordinateur portables continuent. Un phénomène grave qui dure depuis quatre mois.

 
 
 


 
La cote d'alerte est largement dépassée dans le secteur de la fac du Mirail où les agressions d'étudiantes, attaquées pour leurs téléphones et leurs ordinateurs portables, n'ont cessé de se multiplier. Entre janvier et début avril, une quarantaine de plaintes avaient été recensées comme nous l'écrivions dans notre édition du 9 avril. Aujourd'hui, près d'un mois plus tard, c'est environ 70 plaintes d'étudiantes agressées «Notre présence a souvent été décriée» que, selon nos informations, la police a enregistrées. Un chiffre énorme, à peine croyable. Le stade du larcin a été largement dépassé et c'est à un problème de sécurité publique majeur que la communauté universitaire et les pouvoirs publics sont confrontées.

Précisément, la police a recensé, entre le 18 décembre 2007, date du premier fait, et le 15 avril, 63 agressions. Cette série ne s'est pas arrêtée à cette date-là. Malgré une certaine accalmie due aux vacances universitaires, mardi, un jeune homme a été passé à tabac. Ses assaillants lui ont dérobé sa guitare et son téléphone portable.

frappée et insultée

Il ne faut pas croire que ces vols à l'arraché se déroule sans heurts,ni même dans la discrétion. La majorité ont lieu en plein jour, vers midi, où 19 heures, entre l'entrée de l'université et le métro. Et ils sont particulièrement violents: «J'ai reçu un coup de poing sur l'oreille gauche. Mon portable est tombé et mes lunettes se sont cassées», témoignait dans «La Dépêche» une étudiante de 25 ans, qui, pendant une semaine, est venue à la fac accompagnée d'amis par peur de menaces. Une enseignante a elle aussi été frappée d'un coup de poing, jetée à terre et insultée au passage. Résultat: quinze jours d'interruption temporaire au sens de la médecine légale.

«J'ai vu une fille se faire agresser par deux garçons qui l'ont frappée pour lui arracher son ordinateur portable. Beaucoup de témoins ont assisté à la scène mais personne n'a bougé», déplore une étudiante en lettres.

plusieurs bandes

A la fac et dans les commerces voisins, personne n'ignore la situation. «Ce sont des gamins, des ados de 14, 15 ans,» témoigne un commerçant. Des ados qui ne sont pas seuls. Plusieurs bandes agiraient dans ce secteur (le périmètre même de la fac a été épargné). «C'est un problème grave», souligne Daniel Filâtre, le président de l'université, un site fréquenté chaque jour par 16000 étudiants.

Dans le grand Mirail, d'autres secteurs sont eux aussi concernés par des vols à l'arraché qui ne sont pas forcément le fait des mêmes équipes: Basso-Cambo, les abords du métro Bellefontaine et ceux de la station Arènes. Au total, le stade de la centaine de plaintes serait franchi.


«Notre présence a souvent été décriée»

La police est loin d'avoir trouvé la parade face à ce phénomène qui dure depuis quatre mois à présent. Des policiers (renforcés par des municipaux, ce qui est tout de même une première) ont bien occupé les abords de la fac mais cela n'a pas dissuadé les délinquants. «Notre présence a malheureusement souvent été décriée, observe l'officier chargé de la communication de la sécurité publique. Pourtant, on voit bien qu'elle est motivée.» Associations et syndicats d'étudiants s'étaient en effet émus de ce qu'ils prenaient pour une chasse aux sans-papiers. «Cette zone n'était jusqu'à présent pas sensible. Actuellement, le Service d'investigations judiciaires, en liaison avec les responsables de l'université, poursuivent l'enquête.»

 

Publié le 25 avril 2008 à 08h30 | Auteur : Jean-Noël Gros

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Mardi 22 avril 2008

L’INTERVIEW DE LA SEMAINE


Riposte Laïque : Eric Denécé, bonjour. Vous dirigez le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R). Quels sont les objectifs de cette association (1) ? Nous sommes un « think tank » [laboratoire d’idées]. Nous avons trois activités. De la recherche : nous sommes un vrai centre de recherches mais totalement indépendant, nous ne sommes pas financés par l’Etat français. Beaucoup de publications. Et des actions de formation en matière de renseignement auprès des parlementaires et des universitaires. Notre but est de faire mieux connaître le renseignement en France, de dépasser l’idée que c’est soit une idée de droite soit une idée de gauche, que c’est quelque chose d’inavouable, et de montrer qu’une vraie démocratie ne peut pas ne pas avoir des moyens de renseignement efficaces afin d’éviter les crises internationales. Donc nous sommes à la fois un centre de recherche et une espèce de lobby professionnel pour défendre le métier du renseignement. Notamment, nous travaillons beaucoup sur le contrôle parlementaire des services secrets. Nous avons beaucoup agi pour que le Parlement se dote d’une commission afin de pouvoir suivre ces questions.

Eric Denécé :

Riposte Laïque : Un peu sur le modèle américain ? Alors non, surtout pas le modèle américain ! C’est normal que vous me posiez la question parce que c’est celui dont on entend parler ou qu’on voit dans les films, mais c’est un très mauvais modèle puisque les parlementaires ont des capacités d’enquête extrêmement importantes et ce que nous leur demandons, ce n’est pas que telle source fait son travail, mais de vérifier que les fonds publics sont bien utilisés. Donc nous sommes plus sur un modèle européen, qui est un modèle beaucoup plus pertinent.

Eric Denécé :

« Aucun homme politique ne s’est intéressé à la question »

Riposte Laïque : Venons-en au cœur de nos préoccupations. Si je vous ai appelé, c’est pour poursuivre la réflexion initiée par un article de Riposte Laïque du 8 avril qui revenait sur les fameuses demandes d’« accommodements raisonnables » de la part de musulmans radicaux dans les entreprises (2). Mais vous en parliez dès septembre 2005, dans un rapport qu’on appelle « Rapport Denécé » (3), qui ne traitait pas que de ce sujet, mais qui était considéré comme l’équivalent pour les entreprises du rapport Obin (4) qui portait quant à lui sur l’Education Nationale. Effectivement, c’est moi qui ai signé ce rapport parce qu’un certain nombre de personnes qui travaillaient avec moi n’ont pas voulu apparaître. Nous avons été parmi les premiers à s’intéresser à cette question.

Eric Denécé :

Riposte Laïque : Et à l’époque, comment ce rapport a été accueilli par les dirigeants politiques, les décideurs, les entrepreneurs ? Si vous vous souvenez, c’est un rapport qui a été fait à la demande de trois secteurs économiques : la grande distribution, les transporteurs – transport de plis par exemple -, et le gardiennage. C’est uniquement trois entreprises, représentant chacune l’un de ces secteurs, qui nous avait demandé d’enquêter sur ces questions, parce qu’elles voyaient chacune dans leurs domaines des signes préoccupants de volonté de remise en cause de l’ordre établi. Une fois que le rapport a été rendu public, il y a eu bien sûr une grosse agitation médiatique, avec beaucoup de chefs d’entreprises qui m’ont appelé en me disant : « Ce que vous faites est très bien, très utile, je suis tout seul dans mon coin, je n’avais pas conscience que c’est un phénomène d’ampleur. » Et puis bien sûr, curieusement, à part quelques dirigeants politiques marqués à droite et dont c’est le fond de commerce, je n’ai eu aucun contact avec qui ce soit. La presse a bien sûr beaucoup rebondi dessus, j’ai eu beaucoup de contacts d’entreprises qui m’ont dit : « Est-ce vous ne voulez pas venir chez nous faire une analyse similaire », mais je dirai qu’aucun homme politique ne s’est intéressé à la question.

Eric Denécé :

Riposte Laïque : Deux ans et demi plus tard, est-ce que la situation est la même ? A-t-elle évolué en mieux ou en pire ? Nous continuons à travailler dessus, bien sûr. Disons que la situation reste globalement similaire. Je commence seulement à m’intéresser à un quatrième secteur qui est celui de la fonction publique à travers les prisons, la police et la justice. Je n’ai pas travaillé sur l’hôpital et les écoles puisqu’il y a déjà eu un certain nombre de rapports. Mais je retrouve exactement les mêmes attitudes et les mêmes paramètres. Alors on ne peut pas dire qu’en deux ans ça a explosé, mais les comportements et les signes sont exactement constants. Je suis aussi conscient que je n’ai qu’une vision parcellaire sur un certain nombre de secteurs. Mais je me rends compte de deux choses : les gens qui sont confrontés à cela ne savent pas comment réagir, et du coup ils culpabilisent. Dès qu’ils se disent : « Oh là là ! j’ai des problèmes avec des musulmans radicaux chez moi », ils ont l’impression d’avoir viré Front National en substance.

Eric Denécé :

« Maintenant, est-ce que vous pouvez nous aider à aller plus loin ? »

Riposte Laïque : Au Québec, la commission Bouchard-Taylor sur les « accommodements raisonnables » ronronnait très bien, et tout d’un coup un responsable syndical de ressources humaines – qui représentait plutôt de très petites entreprises – a dit à peu près : « J’ai beaucoup d’adhérents qui discriminent les musulmans, qui refusent d’embaucher des musulmans parce qu’ils ne veulent pas, demain ou dans un mois, être confrontés à une demande de salle de prière, des aménagements d’horaires ou bien des foulards ou d’autres pratiques. » Il y a finalement une espèce de discrimination par « principe de précaution » tout à fait abusif. Est-ce que cela existe aussi en France ? Non. Moi je n’ai jamais vu ça en France, pour au moins deux ou trois raisons. La première c’est qu’il y a la Halde. Donc tous les efforts que fait Louis Schweitzer [président de la Halde] sur la lutte contre la discrimination marchent vraiment chez nous.

Eric Denécé :

Riposte Laïque : Dans les grandes entreprises ? Ah oui ! Je parle vraiment de très grands groupes pour lesquels j’ai fait des interventions sur ces sujets, dans des tas de secteurs. Dans ces grandes entreprises, les gens n’hésitent pas à dire : « L’une des préoccupations de notre président, c’est justement l’absence de discriminations et la diversité sociale et ethnique de l’entreprise. » Je ne juge pas, mais je me rends compte que ça devient presque une religion. Parce qu’à compétences égales, certaines entreprises vont maintenant embaucher quelqu’un issu de l’immigration pour être dans la norme. Je ne les critique pas, mais on en arrive de plus en plus à cela. Et deuxième chose, il y a tellement d’associations soit liées culturellement à notre Histoire de gauche, soit liées à l’islam radical dans les banlieues et près des grandes villes, qui viennent faire le siège des directions de ressources humaines en disant : « Messieurs, est-ce que vous avez un nombre suffisant d’immigrés chez vous, dans votre entreprise ? » En plus, quoi qu’on en dise, même si tout n’est pas rose chez nous, les Français ne sont pas les plus racistes au monde. Honnêtement, malgré tout, la diversité fonctionne. Mais la situation canadienne serait impossible : il y aurait des procès, il y aurait des plaintes, ce n’est pas possible.

Eric Denécé :

Riposte Laïque : Justement, toujours devant la commission Bouchard-Taylor, ces patrons qui faisaient amende honorable pour leurs « discriminations », appelaient à l’aide d’une manière très désespérée cette commission et les gouvernants en disant : « Il faut nous aider à gérer ces situations de demandes excessives de communautaristes. » Est-ce qu’on vous a transmis le même genre de demandes : « Est-ce que vous pouvez nous aider, est-ce que les pouvoirs publics, est-ce que quelqu’un peut nous aider à faire quelque chose » ? Bien sûr. Moi, c’est ce que je continue à faire. Ce n’est pas notre activité principale, vous l’avez bien compris. Nous travaillons au sens propre sur les questions de renseignement, de terrorisme et d’espionnage économique. Mais les entreprises qui nous ont contactés il y a trois ans sont venus nous voir en nous disant : « Ecoutez, nous on a des problèmes avec des islamistes radicaux, est-ce que ça ne va pas se transformer en risque terroriste ? »

Eric Denécé :

C’est comme ça qu’on en est venu au conseil. Alors je ne suis pas un spécialiste des questions sociales ou des ressources humaines. Mais il se trouve que je connais bien les questions d’islam et les questions terroristes, et vu qu’il n’y a pas de cabinets de consultants, qu’il n’y a pas de sociologues qui travaillent sérieusement là-dessus, nous sommes parmi les rares personnes au cœur du sujet. Alors bien sûr, certaines entreprises pour qui nous avons commencé à faire des études nous ont dit : « Maintenant, est-ce que vous pouvez nous aider à aller plus loin ? »

Le type d’actions qu’on peut avoir est double. D’abord c’est un travail sur la connaissance de l’autre : expliquer aux dirigeants d’entreprises françaises que le musulman n’est pas un danger. Mais en même temps, il faut leur apprendre à reconnaître parmi tous les musulmans qui travaillent avec eux, quels sont les signes qui vont leur permettre de détecter un islamiste radical qui, lui, va foutre le bazar. Parce que le danger, c’est que ces dirigeants se braquent et assimilent tous les musulmans à des radicaux. Et pour arriver à ce travail, j’ai monté des séminaires où on va expliquer ce qu’est la laïcité. Vous connaissez cela très bien, mais nous avons tous en France une idée relativement confuse, pour la majorité des gens, de ce qu’est la laïcité. Et Il faut parfois leur rappeler ce que c’est, et leur redonner finalement les armes morales et intellectuelles qui leur permettent de réagir.

J’ai eu le cas l’année dernière, dans un hypermarché en France, où le directeur se disait : « Je suis très embêté, mes salariés d’origine immigrée – et même certains sont des islamistes radicaux -, ne parlent qu’arabe entre eux dans le magasin. Est-ce que j’ai le droit de leur interdire l’usage de la langue arabe ? » J’ai trouvé cela extraordinaire. On n’imagine pas que ce sont des cadres supérieurs qui ne connaissent pas toujours grand chose à notre Histoire. Je leur ai dit : « Ecoutez, je connais des entreprises qui, en Alsace, interdisent le dialecte alsacien dans l’entreprise. » Et ils me disent : « Ah d’accord, hé bien je vais dire cela. » Si vous voulez, ils vivent aussi dans la crainte de se dire : « Si demain, on interdit le foulard ou le voile – parce qu’on revient à ces vieilles affaires ! -, on va avoir sur le dos non seulement la Halde, mais aussi 2000 musulmans radicaux qui vont venir faire le siège de l’hypermarché en disant qu’on est des salauds, et on va perdre 10% de notre chiffre d’affaire. »

« Ils poussent pour essayer de changer la société française de l’intérieur »

Riposte Laïque : Toujours dans un cadre préventif, Mohamed Sifaoui – et plutôt sur les problèmes de terrorisme - approuve bien entendu la lutte policière et judiciaire, mais il reproche au gouvernement et aux médias de ne pas assez contrer les islamistes sur le terrain idéologique. Exact ! Je connais très bien Mohamed Sifaoui. Il a totalement raison.

Eric Denécé :

Riposte Laïque : Selon lui, l’idéologie est le moteur de l’islamisme. S’il n’y avait pas cette idéologie par derrière, il n’y aurait ni islamisme ni terrorisme. Il dit qu’on s’attaque aux conséquences et pas aux causes. C’est donc aussi votre avis ? Evidemment, évidemment ! Quand on compare, ne serait-ce que la France et les Pays-Bas, on s’aperçoit d’une chose : une société a un seuil de tolérance plus ou moins élevé. Je prends l’exemple des Pays-Bas, société de tradition protestante, beaucoup plus libérale que ne l’est la France en matières de droits individuels. Le jour où ils ont assassiné Théo Van Gogh, il y a eu une réaction extrêmement violente de Néerlandais qui ont brûlé des mosquées en se disant : « Nous ne voulons pas que notre système soit remis en cause par des radicaux. »

Eric Denécé :

En France, notre seuil de tolérance est beaucoup plus élevé que celui des Néerlandais. Et puis nos liens avec le Maghreb, avec le monde islamique sont très anciens, ce sont des cultures que l’on connaît bien. Et je suis convaincu que les islamistes radicaux de France sont dans une logique de ne pas faire d’actions trop engagées de manière à ne pas provoquer cette situation de rejet. Dans l’ombre, discrètement, ils poussent, ils poussent, ils poussent pour essayer de changer la société française de l’intérieur partout où ils se trouvent, même si c’est encore à de petits niveaux. Et si Mohamed Sifaoui dit cela, c’est qu’il a lui aussi totalement perçu cette démarche qui est de faire des micro avancées permanentes, mais qui au bout d’un moment ont de vrais effets.

Riposte Laïque : Justement, ces noyaux intégristes dans les entreprises, mais également dans les services publics, ne font-ils pas craindre des risques au moins de sabotage économique et au pire de terrorisme ? Par exemple l’employé qui refuse de pousser un caddy parce qu’il contient des bouteilles d’alcool, n’est-ce pas le début d’un sabotage économique ? Vous savez, quand on traite du problème de l’islam dans la société, dans les administrations publiques, dans les entreprises, on est face à un problème sectaire. Et il faut le traiter comme le fait la Mivilitude, comme un problème sectaire. C’est une minorité d’individus – pas énorme – qui veulent absolument faire gagner leur idéologie, qui font du prosélytisme permanent, et qui essaient de faire changer les règles du jeu. Je pense qu’il faut vraiment le voir comme ça.

Eric Denécé :

Effectivement, il pourrait y avoir un lien avec le terrorisme, mais il est tellement infime que pour moi – je ne dis pas qu’il n’existe pas -, je dis qu’il faut traiter ce problème comme un problème sectaire. Je dis souvent : il y a 10% de musulmans en France, parmi ces 10% de musulmans français il y a peut-être 5% d’extrémistes radicaux, et parmi les extrémistes radicaux qui nous embêtent dans les entreprises, il y a 1 ou 2% de gars prêts à passer à l’action. Bien sûr qu’il y a un lien entre le fait d’être musulman radical et le fait de passer un jour au terrorisme. Mais le lien est tellement ténu qu’il faut traiter les problèmes séparément.

« Nous nous sommes suffisamment battus contre les prêtres et les curés »

Riposte Laïque : A gauche, nous constatons que de nombreux militants de la laïcité se refusent également à toute approche idéologique de l’islam radical, en arguant que nous n’avons pas à entrer dans des considérations religieuses. Ces militants dénoncent des « accommodements raisonnables » dans les services publics, mais ils ignorent souvent ceux du secteur privé. Non seulement ils ont une défiance culturelle envers ce monde économique, mais selon eux la laïcité doit régir seulement l’espace public, pas l’espace privé. Selon vous, faut-il mettre en place une espèce de « droit d’ingérence » pour faire respecter nos valeurs dans tous les secteurs de la société ? Je suis assez d’accord avec ça, mais il n’y a pas de « droit d’ingérence » à mettre en place. Il y a tout simplement à faire respecter et la loi, et les principes fondateurs de la République. Ce qui me sidère, c’est la façon – qu’on soit de droite ou qu’on soit de gauche – dont les gens sont marqués par l’Histoire de France et les affrontements autour des religieux, et qu’on n’arrive pas à se rendre compte qu’on peut tout à fait avoir une vision dédramatisée des choses, et faire appliquer pour l’islam radical dans l’entreprise, la même chose que ce que nous avons fait pour le christianisme. Nous nous sommes suffisamment battus contre les prêtres et les curés à une époque de notre Histoire où l’on pensait qu’ils avaient une influence nocive sur notre jeunesse. Aujourd’hui, nous n’acceptons pas de prières dans nos entreprises, il n’y pas de temps de travail pour qu’un chrétien pratiquant aille faire ses vêpres ou je ne sais quoi, il est donc tout à fait inacceptable qu’un musulman ait une dérogation pour le faire.

Eric Denécé :

« On passe de l’extrême gauche contestataire à l’extrême gauche violente »

Riposte Laïque : Pour terminer, une question sans rapport avec les précédentes, mais qui peut intéresser nos lecteurs. Récemment, la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie a évoqué des réseaux d’extrême gauche qui pouvaient représenter une menace terroriste ou au moins antidémocratique, et qui chercheraient même à s’armer. Ce que je constate c’est que l’élection présidentielle, il y a un an, a soulevé beaucoup d’espoirs tant chez les électeurs de Madame Royal que chez ceux de Monsieur Sarkozy ; et aujourd’hui, je constate une double déception : à gauche mais aussi à droite. Absolument.

Eric Denécé :

Riposte Laïque : Alors, face à cette déception, ne sommes-nous pas dans une situation où des groupes seraient davantage tentés de passer à des solutions radicales et antidémocratiques ? Je vais vous répondre, mais ça n’a rien à voir avec l’islam. Je pense qu’il y a deux choses. Il y a un phénomène international et il y a un phénomène français. Il y a un phénomène international et là nous sommes un peu en retard – et heureusement - par rapport à nos amis anglo-saxons : au sein de tout le monde capitaliste et libéral, il y a effectivement une résurgence des mouvements anticapitalistes. Comparé à eux, José Bové est un gentil, ce n’est pas quelqu’un de violent. On apprécie ou non ses idées. Mais partout aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, on commence à voir des tas de mouvements qui refusent la société libérale et qui s’opposent de plus en plus violemment à elle, des mouvements comme les anti-marques ou les anti-pubs. Et petit à petit, certains de ces groupes passent de plus en plus à l’action terroriste. Ca n’a rien à voir avec l’islam, mais c’est vraiment la manifestation d’une société capitaliste ou post-capitaliste. Ce phénomène est en train d’arriver en France, petit à petit.

Eric Denécé :

Riposte Laïque : Ce n’est pas un phénomène français ? Nous ne sommes pas des contestataires nés ? Non, il y a vraiment un phénomène au niveau mondial et des pays occidentaux qui est d’inspiration anglo-saxonne.

Eric Denécé :

Riposte Laïque : Remarquez que c’est dans les pays anglo-saxons qu’est née cette notion d’« islamogauchisme », c’est-à-dire cette alliance… Je ne parle pas d’islamogauchisme. Michèle Alliot-Marie en a parlé ? Honnêtement, je n’ai pas d’éléments là-dessus.

Eric Denécé :

« Qui peuvent être nos meilleurs alliés ? Les islamistes radicaux »

Riposte Laïque : Moi je pense que l’islamogauchisme est mort-né, car c’est une alliance contre-nature. La seule chose que je note, c’est qu’effectivement aujourd’hui, dans le cadre de cette lutte farouche contre les sociétés capitalistes, dans laquelle est entrée une certaine frange d’extrême gauche, certains commencent à se dire : « Qui peuvent être nos meilleurs alliés, pour foutre en bas cette société occidentale qui ne nous plaît pas ? Eh bien ce sont les musulmans radicaux. » Je n’ai pas d’éléments de preuve là-dessus, mais je suis cela parce qu’on voit une évolution similaire chez les mafias italiennes. Pourtant la mafia italienne est une société fermée, catholique, en Sicile. Ils finissent malgré tout par commencer à nouer des contacts avec les islamistes radicaux en pensant que de cette façon ça leur permet de mieux faire leur business du crime.

Eric Denécé :

Riposte Laïque : Il y a d’autres groupes terroristes – comme l’ETA en Espagne par exemple - qui ont noué des liens avec les islamistes, ne serait-ce que sur le plan logistique. Absolument. Comme on l’a vu, je me souviens, en 1980-82 au moment de l’affaire du Liban. Lorsque j’étais étudiant – je n’étais pas encore dans le renseignement à l’époque – à la Sorbonne, on voyait autant l’extrême droite la plus farouche que l’extrême gauche la plus contestataire aller s’entraîner au Liban pour aller tuer des Juifs, parce que les uns étaient antisémites et les autres antisionistes. On pourrait avoir des phénomènes de même nature avec l’islam radical, où certains se disent, venant de l’extrême droite : ça va nous permettre de faire bouger les choses. Et ceux d’extrême gauche se disent la même chose.

Eric Denécé :

Riposte Laïque : Vous avez évoqué des mouvements contestataires d’extrême gauche. Est-ce qu’à l’opposé, à l’extrême droite, on voit aujourd’hui en France des « déçus du sarkozysme » si l’on peut dire, qui pourraient passer à des actions plus violentes ? Non. Je n’en vois pas. D’abord l’extrême droite est traditionnellement moins organisée en France que l’extrême gauche, et elle ne puise pas dans la crise économique de manière aussi puissante qu’une certaine frange de l’extrême gauche avec des raisons d’agir, comme les fermetures d’usines ou toute une série de choses. Donc il me semble que le danger est en ce moment nettement moindre. Et heureusement !

Eric Denécé :

« Il y a vraiment une trouille de se faire taxer d’islamophobe »

Riposte Laïque : Voyez-vous d’autres points à ajouter ou à préciser à l’attention de nos lecteurs ? Je reviens sur l’islam, sur les problèmes radicaux en entreprises. Je commence à voir très souvent une chose qu’il faut signaler, c’est que ceux qui sont confrontés aux problèmes - les chefs de service, les directeurs de filiale - font remonter l’information, mais qu’au niveau hiérarchique, il y a beaucoup d’inconfort à parler de ces questions-là.

Eric Denécé :

Riposte Laïque : Plus vous montez dans la hiérarchie… Oui. un patron de division qui couvre la moitié de la France, qui a trois-quatre de ses directeurs de région qui lui disent : « On a des problèmes » ; il va gérer en leur disant : « Essayons de faire quelque chose », mais il y a vraiment une trouille de voir la presse débarquer, de se faire taxer d’« islamophobe » et autres. Il manque une armature morale et intellectuelle des dirigeants d’entreprises face à ce genre de choses pour comprendre ce qu’ils doivent respecter en termes de non-discrimination, de pluralité, de laïcité, mais aussi ce qu’ils ne doivent pas accepter parce que justement, la laïcité même est remise en cause par les islamistes radicaux.

Eric Denécé :

« Une période de flottement et de mutation »

Riposte Laïque : Effectivement, pour ces radicaux, la laïcité est un ennemi. On le voit sur leurs forums Internet : la laïcité, ce n’est pas un principe pour eux, mais une espèce d’idéologie antireligieuse en général et surtout anti-islam. C’est vrai que la laïcité française a été anticléricale très longtemps. Quand ils l’analysent par ce biais-là, ils se disent qu’elle est antireligieuse. Or le principe de laïcité n’est pas antireligieux. Je suis en désaccord total avec eux. Mais vous savez, je trouve la même chose dans la façon dont l’Eglise de France tarde à dénoncer certains excès de l’islam. L’Eglise a tellement peur, elle est tellement imprégnée par cette Histoire de 1905 que par principe, elle va défendre tous les monothéismes. Vous voyez, le jeu est un peu faussé par toute une série de choses, mais c’est intéressant parce que nous sommes dans une période de mutation. Alors le temps que les uns et les autres s’arment moralement et que les acteurs se repositionnent, on est dans une période de flottement.

Eric Denécé :

Riposte Laïque : Eric Denécé, merci.

Propos recueillis par Roger Heurtebise

*Eric Denécé est directeur du CF2R

(1) http://www.cf2r.org

(2) http://www.ripostelaique.com/Les-entreprises-francaises-de-plus.html

(3) http://www.cf2r.org/images/stories/RR/rr1-islam.pdf

(4) ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igen/rapports/rapport_obin.pdf

source http://www.ripostelaique.com/Eric-Denece-les-grandes.html

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Lundi 21 avril 2008

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Sortie de cours d’un lycée professionnel en Seine-Saint-Denis. Dans le hall d’entrée, un petit groupe d’élèves revient sur les incidents du 8 mars et les motivations des casseurs. «Je suis allé à la manif avec mon prof d’histoire, raconte Abou, en BEP comptabilité. J’ai vu des gars voler des portables. La scène classique: la personne était au téléphone, et un type la crochetait. C’était des jeunes des cités qui sont venus là parce qu’il y avait de quoi voler. On se dit que les gens du centre de Paris sont plus avantagés que nous par rapport à l’école. Ça ne m’énerve pas. Ça paraît normal: ici il y a des cités, là-bas des quartiers à l’aise.» «Les sous, ça les rend fous, renchérit Mariam, une jeune métis. Le 8 mars, j’ai vu un copain prendre le sac d’une Chinoise. La femme ne voulait plus le laisser partir. Une fille s’est approchée, et lui a filé un coup dans la tête, la Chinoise est tombée comme une plume. Ça m’a fait trop mal…»
«Ces casseurs sont des fouteurs de m***e, explique une de ses copines. Ils s’attaquent aux Blancs parce qu’ils sont plus faciles à choper, que ce sont des bourgeois, qui ont peur. Dès qu’on leur dit: "Donnez votre portable", ils le donnent sans se défendre. Ces Blancs, ils ont peut-être galéré pour avoir leur argent, mais, par rapport à nous, ils sont plus éduqués, c’est pas comme les Arabes. Si on les attaque, eux vont se défendre. Mais on ne se vole pas entre Arabes et Noirs. On se tient entre nous, peut-être parce qu’on est tous des immigrants.» Le passé aussi nourrit la colère d’Awa, une Sénégalaise de 19 ans: «Les Blancs ont trop fait souffrir les Noirs. Nous, on pourra pas oublier l’esclavage. Peut-être que c’est à cause de ça que tout ce qui est blanc, c’est notre ennemi.» «S’ils nous avaient pas vendus, l’Afrique serait riche aujourd’hui. Ils ont volé notre richesse, on va foutre la m***e ici jusqu’à ce qu’ils soient fatigués, pouffe sa copine, une Malienne née en France mais qui se sent "kimphe", africaine. On est ici pour faire de l’argent, et on repartira après.»

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Mardi 15 avril 2008

A Padoue, en 2006, sous la pression de l’opinion et de la Ligue du Nord, le maire de gauche a isolé un quartier, en proie aux trafics et à la prostitution.

A Padoue, il est devenu aussi célèbre que celui de Cisjordanie ou de Berlin. Demandez il muro. Et tous les passants indiquent sans hésitation la via Anelli, dans les quartiers est de la ville. Le mur a ses partisans, nombreux, ses détracteurs, plus rares, et un inspirateur : le maire de centre-gauche Flavio Zanonato qui, en août 2006, fit dresser cette palissade pour répondre à la colère des habitants qui ne supportaient plus leurs voisins étrangers, le bruit, les trafics de drogue et les bagarres entre clans. Depuis, les immigrés ont été déplacés. Les six immeubles de la via Anelli, qui ont accueilli jusqu’à 600 personnes, sont vides. En attente d’être détruits. Les familles en situation régulière ont été relogées dans des quartiers de la ville. Les dealers se sont éparpillés. Le mur est resté. Trois mètres de haut, quatre-vingt de long et quelques tags qui circonscrivent des bâtiments autrefois malfamés.

«Il fallait répondre à une urgence. C’était pour empêcher que les trafiquants de drogue ne prennent la fuite lorsqu’intervenait la police», explique le maire de cette belle cité de Vénétie. «Un régime mafieux régnait via Anelli, détaille Daniela Ruffini, son adjointe communiste (Parti de la refondation communiste, PRC) aux politiques de l’accueil et de l’immigration. Les dealers s’échappaient et se réfugiaient dans les maisons des riverains. Nous sommes intervenus après une bagarre à la hachette entre bandes tunisienne et nigériane.» «La mairie a adhéré à la ligne de la Ligue du Nord pour qui immigration égale insécurité», se désole l’avocat Massimiliano Stiz. Membre d’un autre petit parti communiste, il accuse la municipalité d’avoir cédé aux sirènes xénophobes du parti d’Umberto Bossi, qui domine la région de longue date. Désormais à Padoue, au moindre problème, des comités de quartiers se créent. Des citoyens exaspérés demandent des barrières, des grillages, des séparations. Pour se protéger des trafiquants de drogue et des prostituées. Ou simplement des étrangers. Le plus souvent, la division reste symbolique : une petite clôture ou un parapet. Mais on cherche à marquer le terrain, dans les rues, autour des magasins, voire des établissements scolaires.

Trois barrières à l’école

Dans la paisible école élémentaire Diego-Valeri, quelques dizaines de travailleurs immigrés suivaient dans la journée des cours d’italien et de formation. Le mois dernier, un jeune Bengali a pris une photo du bâtiment avec un écolier devant la façade pour l’envoyer à sa famille au pays. Un autre élève a été abordé par un homme qui distribuait des gadgets publicitaires devant l’entrée. Des parents d’élèves se sont indignés, réclamant immédiatement un mur. Cette fois, le maire n’a pas cédé. Mais trois barrières amovibles ont tout de même été installées et deux entrées distinctes aménagées, l’une pour les enfants, l’autre pour les adultes étrangers.

A cinq cents mètres de la via Anelli, dans le quartier Stanga, Gisela Scarferla est une figure populaire. Cette dynamique femme au foyer a recueilli des signatures pour ériger une enceinte via Luciano-Manara. «Entre la prostitution et la drogue sous mes fenêtres, je ne parvenais plus à dormir, alors j’ai dit "basta". J’ai commencé à hurler », explique-t-elle, estimant que le mur de la via Anelli n’a fait que déplacer les problèmes : «Ils ont soufflé sur des confettis.» Elle concède : «Les barrières sont des palliatifs. Pour finir, la ville risque d’être emmurée et nous vivrons comme dans une prison.» Mais, lâche-t-elle comme une évidence «en Italie, on ne fait pas respecter la loi et les extracommunautaires [terme courant en Italie pour désigner les immigrés non-ressortissants de l’Union européenne, ndlr] ne veulent pas s’intégrer.» Via Manara, les travaux de déblaiement ont déjà débuté. «Ce sera une grille et pas un mur, s’empressent de préciser deux jeunes militants associatifs du quartier, Pietro Anoé et Emanuele Naruti. Nous avons accepté cette solution car il y avait une telle pression de l’opinion publique, une telle volonté de séparation. En échange, nous avons obtenu des garanties sur des programmes d’intégration

Le maire Falvio Zanonato se réclame du même pragmatisme : «Si les parents de l’école Valeri ressentaient le besoin d’une séparation à l’entrée, pourquoi pas ? L’essentiel, c’est qu’ils laissent leurs enfants en classe avec les fils d’immigrés.» Sous la pression de la Ligue du Nord - qui ne pèse qu’un peu plus de 5 % des voix à Padoue mais dont les tirades xénophobes rencontrent un écho beaucoup plus large dans la population -, le maire de Padoue navigue entre deux écueils. Il refuse catégoriquement de céder aux discours racistes mais soutient que la question de l’immigration ne peut-être balayée d’un revers de la main. «Au début des années 80, lorsque j’étais jeune militant du PCI, j’avais été scandalisé par l’affaire des bulldozers de Vitry, avoue-t-il. Je me disais comment est-il possible que les camarades français puissent détruire un foyer de travailleurs immigrés. Jamais, je n’aurai pu penser me retrouver vingt-cinq ans plus tard avec le même type de problématique.»

Main-d’œuvre bienvenue

D’une certaine manière, Padoue est un résumé des défis posés à tout le pays et en particulier à la Vénétie. En quelques années, un flux massif d’immigrés est venu fournir en main-d’œuvre les entreprises d’une région prospère mais vieillissante, autrefois terre d’émigration. «Quand j’ai été élu maire la première fois en 1993, il n’était pas question d’extracommunautaires, poursuit Flavio Zanonato. Ils étaient à peine 2 000.» Aujourd’hui, les étrangers en situation régulière sont dix fois plus nombreux et représentent 10 % de la population de Padoue. Dans les écoles, le rapport avoisine les 15 %. Dans un contexte de quasi-plein-emploi, les étrangers sont essentiels à une industrie qui manque de bras. «Les immigrés sont les bienvenus quand ils travaillent mais ne doivent pas avoir une vie à l’extérieur de l’usine», résume, accablé, l’avocat Stiz.

Sur la place principale de Padoue où il mène campagne électorale, le petit entrepreneur et secrétaire local de la Ligue du Nord, Fabrizio Borron, confirme : «Avec le mur, le maire ne va parvenir qu’à nous créer des ghettos. La solution, c’est de renvoyer les étrangers en situation irrégulière. Ceux qui travaillent peuvent rester. Ils ne posent pas de problèmes. Le soir, ils sont fatigués de leur journée et vont dormir.» Pas question pour la Ligue de parler d’intégration. Dans la campagne électorale actuelle, les deux principaux partis de droite, Forza Italia et Alliance nationale, ont plutôt abandonné le thème de l’immigration à leur allié électoral de la Ligue du Nord. L’an dernier, dans tout le nord de la péninsule, le parti de Bossi a encore durci ses positions. Un conseiller municipal de Trévise a, par exemple, déclaré qu’il fallait «faire comprendre aux immigrés comment ils doivent se comporter» y compris en s’inspirant des «nazis». Près de Vicence, un maire a décidé que les enfants d’extracommunautaires ne pourront pas bénéficier de bourses d’études. De son côté, avec quelques militants, Fabrizio Borron est allé manifester sur un terrain alloué par la ville à la communauté musulmane pour y construire une mosquée. Le secrétaire local de la Ligue tenait en laisse un porc pour que celui-ci «salisse» le lieu par son urine.

«Nous avons tous été un peu imprégnés des idées de la Ligue du Nord, y compris à gauche», regrette le retraité Gilberto Gambelli, ex-conseiller municipal communiste qui estime que pour combattre le racisme et la peur des étrangers, «il faut parfois faire des choix antipathiques comme le mur». Quand on fait remarquer au maire de Padoue qu’il a fait provisoirement retirer les bancs publics d’une place ou se retrouvaient les immigrés, tout comme l’a fait le maire (Ligue du Nord) de Trévise, Giancarlo Gentilini, connu pour ses propos racistes, Flavio Zanonato s’agite : «Si cela améliore la vie commune, je n’ai pas de problèmes à retirer les bancs. L’important, c’est de régler les problèmes des gens.» Et d’ajouter : «Plus on met l’accent sur le mur, plus je gagne en consensus

Peur «des islamistes»

Autour de la via Anelli, les riverains lui en savent plutôt gré. «Certains dealers continuent à passer en sautant le mur. Mais cela a permis de montrer que la mairie s’occupait enfin du problème», commente l’infirmier Sirio Turco. «Le mur ? Je m’en fous, l’important, c’est qu’ils combattent les trafiquants. Les extracommunautaires qui ne travaillent pas doivent s’en aller. Ils nous causent du tort», affirme l’ouvrier marocain Boubacer Gamouch. D’autres habitants, âgés, continuent tout de même de crier leur peur des voisins «islamistes, al-qaedistes, terroristes et méchants». «La gauche italienne a trop longtemps fait l’erreur de ne pas prendre en compte la peur», insiste Flavio Zanonato. Face à une droite hégémonique dans la région, «quand les citoyens sont inquiets, cela ne sert à rien de les traiter de racistes. Il faut communiquer, fournir de petites solutions». Sans céder sur l’essentiel.

Favorable au droit du sol et au vote des étrangers aux élections locales, le maire de Padoue multiplie d’ailleurs les initiatives propices à l’intégration : «Je me bats par exemple pour qu’à la différence de certaines villes gérées par la Ligue du Nord, il n’y ait pas des écoles pour Italiens et d’autres pour étrangers.» Flavio Zanonato s’enorgueillit d’avoir facilité la création de mosquées et de soutenir les cuisines populaires gérées par des sœurs catholiques qui accueillent chaque jour des centaines d’immigrés. Quant aux murs et autres cloisons, ce ne sont que des placebos destinés à «faire tomber la température», laisse-t-il entendre. «Pour bien travailler, j’ai besoin d’un climat serein», insiste-t-il, tout en reconnaissant que l’exercice est difficile. Le patient travail de relogement des familles d’immigrés de la via Anelli, engagé par son équipe avant même la construction du mur, a été en partie occulté par l’initiative spectaculaire d’août 2006. Alors du bout des lèvres, le maire concède : «Si c’était à refaire aujourd’hui, via Anelli, je me contenterais d’un simple grillage

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Mardi 15 avril 2008

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   Nous avions déjà parlé d’un site de rencontre exclusivement destiné aux turcs de France Just turc  (voir notre note). Un autre outil social condamnant l’assimilation et le mélange au peuple français vient d’être créé pour les maghrébins.

                        

   Le site de rencontre fait de la promotion sur Facebook pour annoncer  ses soirées dans une grande discothèque parisienne. La sélection sera donc basée sur l'appartenance à cet ensemble ethnique. Que pense la Halde de cette discrimination caractérisée des français de souche? SOS Racisme fera-t-il un testing pour voir si les blancs sont refusés à l'entrée  de la discothèque?

 

On imagine le tollé si un site de rencontre dédié exclusivement aux européens de souche était lancé...

 

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Vendredi 28 mars 2008

Vendredi 28 mars 2008
Il y a eu des émeutes à Mayotte suite à la fuite du colonel Bakar de l'île d'Anjouan. Les médias les plus sérieux parlent d'attaque contre des français métropolitains et le journal de la Réunion "Clicanoo" parle de "Chasse aux blancs".
Les manifestants étaient des comoriens en situation irrégulières qui s'en sont pris à de nombreux m’zungus ( blancs) dont certains ont trouvé refuge chez des mahorais. Parmi les faits une femme a failli être lynchée sur son scooter, un mahorais protégeant une métropolitaine aurait eu le bras coupé. Une riveraine a vu de sa fenêtre un groupe de jeunes s’en prendre à un conducteur de voiture. « C’était fou ! il lui ont balancé des cailloux sur la voiture, ils voulaient le faire sortir et il a réussi à partir mais je pense qu’il a été blessé ».
Mayotte connait une immigration très importante venant des Comores et les problèmes du voisin dégénèrent sur l'île française.
Ciclanoo rapporte que “Des groupes de Mahorais circulent dans les rues en donnant jusqu’à dimanche aux Anjouanais pour quitter leur île, a raconté un témoin. A l’issue de cet ultimatum, ils promettent un bain de sang...”.
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Samedi 22 mars 2008

Le 19 mars 2008, Thierry Guerrier recevait sur France 5 Sonia Imloul,
auteur de "Enfants bandits ? La violence des 3-13 ans dans les banlieues"
(Editions Le Panama).

Sonia Imloul se penche depuis des années
sur la situation de la petite enfance dans les "quartiers sensibles"
et y étudie la primo-délinquance
qui prend, selon elle, des proportions inimaginables.

la vidéo est à voir sur http://france-echos.com/soniaimloul.html

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Mardi 18 mars 2008

 
 
 

Les quatre portiers, qui filtraient les entrées de plusieurs discothèques de Paris, avaient été condamnés en première instance pour discrimination raciale.

 
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Quatre portiers qui filtraient les entrées de plusieurs
discothèques du quartier des Champs-Elysées, ont été relaxés lundi par la cour d'appel de Paris.
 
Ils avaient été condamnés en première instance pour
discrimination raciale après une opération de "testing" menée par "SOS Racisme". En juin 2007, un physionomiste du Man Ray avait écopé d'une amende de 1 000 euros, tandis que quatre autres, travaillant pour le Queen, le Milliardaire et le Club 79, avaient été condamnés par le tribunal correctionnel de Paris à 1 500 euros d'amende avec sursis. Ces quatre derniers avaient fait appel.
 
Une couleur différente
 
Lors de l'audience du 21 janvier, le parquet général avait requis la confirmation de la décision de première instance. Dans un arrêt rendu lundi, la 11e chambre de la cour d'appel a "infirmé le jugement". Si les magistrats ont reconnu que le "testing" constituait bien un mode de preuve, ils ont rappelé que le refus opposé à une seule personne ou à un seul groupe ne suffisait pas à caractériser le délit de
discrimination.
 
Le "testing" consiste à mesurer l'inégalité de traitement en fonction des caractéristiques ou de l'origine, en présentant plusieurs personnes que seule leur d'ethnie ou leur couleur différente, permet de distinguer. 

(D'après agence)

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  • : La lutte contre l'immigration musulmane et l'islamisme est mon obsession.
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  • : La lutte contre l'immigration musulmane et la construction des mosquées est mon obsession. L'islam est la SEULE "religion" à vouloir imposer ses lois médiévales et barbares dans le monde entier. Combattons cela et en route pour de nouvelles croisades ! Grand coup de chapeau à Geert Wilders ! Et aux autres tombés sous les coups barbares du "cancert vert".
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