Mardi 12 février 2008
Un "truc" m'interpelle: pourquoi confisquer les véhicules? Qu'est-ce qu'ils vont bien en faire???
JB

Un comité interministériel sur la sécurité routière a lieu demain. Voici les grands axes arrêtés par le gouvernement.

Rendez-vous important, destiné à fixer les grandes lignes de la politique du gouvernement, le comité interministériel de sécurité routière, présidé par le premier ministre, François Fillon, se tient mercredi. Il est particulièrement attendu par les associations de lutte contre l'insécurité routière qui redoutent un désengagement de l'État dans ce domaine.

Parmi les thèmes principaux abordés, l'alcool au volant, responsable de la mort de 1 241 personnes en 2007 et devenu, l'an passé, la cause principale d'accidents, avant la vitesse. Le gouvernement pourrait annoncer la multiplication des contrôles et un renforcement de la répression. En cas de récidive en matière de conduite sous l'emprise de l'alcool, le véhicule pourrait être confisqué.

Autre nouveauté, les chauffards pourraient être condamnés à l'obligation d'équiper leur véhicule d'un éthylotest antidémarrage. La prévention routière, espère, quant à elle, que cet équipement sera rendu obligatoire dans les cars scolaires. Autre fléau, la vitesse sera également au cœur des discussions. Sans surprise, le premier ministre devra rappeler les engagements déjà pris par le chef de l'État, notamment l'installation de 2 500 nouveaux radars automatiques d'ici à 2012, au rythme de 500 par an. À ce jour, 1 858 machines sont installées en France et ont rapporté, en 2007, 450 millions d'euros contre 350, en 2006 et 220, en 2005. La suppression des panneaux signalant les radars automatiques, réclamée par des associations de victimes de la route, ne devrait pas être à l'ordre du jour.

 

Davantage de sanctions

L'installation de nouveaux radars en vue de faire respecter les distances dans les tunnels devrait être prévue. Enfin, les grands excès de vitesse (plus de 50 km/h au-dessus de la vitesse autorisée) devraient être davantage sanctionnés et pourraient donner lieu, eux aussi, à la confiscation du véhicule. Enfin, de nouvelles sanctions viseraient à lutter contre le trafic de points.

L'ensemble de ces mesures suffira-t-il pour atteindre les objectifs du gouvernement ? Ce dernier compte faire passer le nombre de tués sur les routes en dessous de la barre des 3 000 d'ici à 2012.

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Dimanche 10 février 2008
Encore une bonne mesure sarkozienne...Cet afflux supplémentaire de forces de l'ordre dans les banlieues va, je pense, provoquer l'effet inverse d'un réglement du problème. La racaille n'aime pas la Police. C'est en fait de la provocation pure et dure...La guerre civile a commencé...
JB.



Le plan Espoir Banlieues de l’Elysée annonce des mesures en faveur de la sécurité. Il y aura 4 000 policiers de plus en trois ans dans les quartiers difficiles et une lutte renforcée contre la délinquance et l’économie sous terraine. Le Plan met en évidence que dans les banlieues -aussi- la population aspire à vivre dans la sécurité et la tranquillité et que le rétablissement de la sécurité est donc un préalable absolu au traitement de la situation des quartiers. Pour cela, le Président prévoit une police qui protège à tout moment les habitants des quartiers et un lien de confiance renforcé entre police et population. Le Plan prévoit la création d’unités particulièrement formées à l’activité en milieu difficile seront créées : les unités territoriales de quartier. La mission de cette police de terrain sera le maintien de l’ordre, et uniquement le maintien de l’ordre. Elle assurera une présence visible et dissuasive sur des points fixes. Environ 200 unités territoriales de quartier sont prévues. Des compagnies de sécurisation spécialisées, comptant plus d’une centaine d’hommes, seront créées pour lutter contre les violences urbaines. La première compagnie verra le jour dès le premier semestre 2008 en Seine-Saint-Denis.

Par ailleurs, un nouvel élan est donné aux Groupes d’intervention régionaux (GIR). Leur action, extrêmement efficace depuis 2002, est recentrée sur l’économie souterraine des cités et les différentes formes de délinquance qui en découlent, afin de rétablir la loi de la République dans les quartiers où s’est imposée la loi de l’argent et de la violence.

 

Appel aux citoyens !

Des réservistes expérimentés seront recrutés comme délégués à la cohésion police et population. Ils s’appuieront sur des "volontaires citoyens de la police nationale", c’est-à-dire des habitants, dont le recrutement va être engagé pour impliquer les habitants dans la sécurité de leur propre quartier. Mais le Président annonce aussi d’autres présences sur le terrain. Ainsi des agents, des délégués de l’Etat seront chargés de coordonner l’action de l’Etat sur le terrain. Ce sont des fonctionnaires des préfectures ou des services déconcentrés de l’Etat, mandatés directement par le préfet pour lui rendre compte de l’intervention de l’Etat sur un quartier prioritaire de la politique de la ville. Cela ayant déjà été mis en place initialement en 1992 par le préfet du Rhône.

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Samedi 9 février 2008
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Violence et délinquance dans les banlieues se maintiennent à un niveau élevé, au point de déborder la justice et d'avoir amené récemment la relance d'une forme de police de proximité.

Pour policiers et magistrats, les violences survenues du 27 octobre au 17 novembre 2005 dans près de 280 communes, avec 10.000 véhicules et 300 bâtiments incendiés et 130 policiers et émeutiers blessés, et celles survenues en novembre durant deux nuits à Villiers-le-bel, dans le Val-d'Oise, avec d'importants dégâts, ne sont que l'écho violent du quotidien.

"C'est une délinquance de masse, un flux de délinquance continu et permanent. Les parquets classent par nécessité pour ne retenir que les faits les plus graves", explique Bruno Thouzellier, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), qui a travaillé au parquet de Créteil.

Les policiers s'inquiètent de voir des armes à feu désormais utilisées contre eux, comme à Villiers-le-Bel. Depuis trente ans, la violence en banlieue a ancré ses rituels, au premier rang desquels les incendies de voiture.

Ils sont constants, toute l'année, avec un pic la nuit du réveillon de la Saint-Sylvestre. Le ministère de l'Intérieur s'est cette année félicité d'une nuit "relativement calme" avec 372 véhicules brûlés - l'opposition estime qu'il y en a eu au moins le double - et 259 arrestations.

La violence déborde les magistrats. Bruno Thouzellier se souvient de journées de comparutions immédiates où pouvaient être présentés 48 dossiers à Créteil.

"Des conditions de travail insensées, indignes d'un pays développé", dit-il. Malgré des renforts récents, et une réforme de la carte judiciaire, le tribunal de Bobigny est seul dans le "93" pour traiter la délinquance d'un département de 1,5 million d'habitants.

POLICE DE PROXIMITE

La question des causes et des racines de la violence fait débat. La gauche associative et l'extrême gauche y voient l'effet d'une déchéance sociale de quartiers, d'un chômage frôlant parfois les 40% et de la discrimination raciale, facteurs propices selon elles à des formes de "révolte sociale".

Cette explication a été reprise dans un rapport des Renseignements généraux sur les violences de 2005, qui soulignait l'extrême jeunesse des auteurs déférés devant la justice et le fait qu'ils avaient peu d'antécédents judiciaires.

La droite, le gouvernement actuel et une partie du PS dénoncent de leur côté une organisation de la violence par des réseaux criminels, en fait les trafiquants de drogue, forme de délinquance commune en banlieue, avec notamment le cannabis.

Bruno Thouzellier accepte en partie cette dernière explication. "Autrement, je ne peux pas croire que des gens qui réfléchissent un peu brûlent leurs propres voitures, leurs propres maisons, leurs propres bibliothèques", ajoute-t-il.

Pourtant, dit-il, l'explication sociale est validée aussi par le constat qu'un incident impliquant la police peut embraser spontanément un quartier. "Ce n'est pas un secret, les rapports entre la police et les jeunes de banlieue sont mauvais. La présence policière continue est un facteur de stabilité", remarque Bruno Thouzellier.

Tout en réfutant l'appellation, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, vient de relancer en Seine-Saint-Denis une forme de "police de proximité", supprimée en 2003 par Nicolas Sarkozy.

Alors que l'accent était mis depuis 2002 sur les opérations "coup de poing", il s'agit pour la police d'être à demeure dans les banlieues et d'assurer le contact avec les habitants autant que les tâches d'enquête et de maintien de l'ordre.

La décision a été saluée par les syndicats de police.

"La coupure entre la police et la population, en particulier la jeunesse, est béante. Fracture pouvant conduire à une situation proche de celle d'une guerre civile. Il était vital de réagir et de revenir vers une police proche des gens", a dit le syndicat SGP-FO.

De nombreux élus locaux de gauche comme de droite réclament déjà l'extension de l'expérience relancée par Michèle Alliot-Marie dans le "93".

Source: Le Figaro

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Vendredi 8 février 2008

« La cour confirme le jugement sur la culpabilité», a déclaré le président de la chambre des mineurs. La cour d'appel d'Aix-en-Provence a condamné jeudi deux adolescents à des peines de six ans de prison ferme et de cinq ans dont un avec sursis pour leur participation à l'incendie criminel d'un bus à Marseille le 28 octobre 2006.

La condamnation des adolescents est inférieure à celle donnée en première instance en septembre 2006 : ils avaient tous deux écopé de huit ans de prison par le tribunal pour enfants de Marseille. Me Philippe Vouland, l'avocat du plus jeune des prévenus, a estimé qu' «aujourd'hui, dans une ambiance apaisée, les juges ont privilégié la partie éducative de la sanction». Son client «est motivé, il sait qu'il y a des études qui l'attendent», a-t-il ajouté.

L'avocat général, Jean-Louis Persico, avait requis un peu plus tôt dans la journée des peines de cinq et six ans contre les deux adolescents, soit des peines plus légères qu'en première instance. Il a estimé que l'un des deux prévenus avait joué un rôle plus important dans l'incendie, en reconnaissant avoir répandu de l'essence, au moins lors de la première tentative d'incendie du bus.

La cour d'assises des mineurs avait jugé en décembre cinq autres jeunes gens reconnus coupables de l'incendie. Ces derniers, parmi lesquels figure le principal responsable de l'incendie - celui qui a reconnu avoir jeté le mouchoir enflammé dans le bus-, ont écopé de peines allant de neuf ans de prison à cinq ans dont deux avec sursis.

Mama Galledou, aujourd'hui âgée de 27 ans, n'a pas assisté à ce nouveau procès. Elle préfère «consacrer toute son énergie à se soigner», explique son avocat Me Alain Molla. La jeune Franco-sénégalaise avait été brûlée au 2e et 3e degrés sur 62% de sa surface corporelle. Elle passe actuellement «quatre heures chaque jour à la réfection de la totalité des pansements compressifs qui recouvrent son corps». Elle devrait subir au printemps une série de greffes de la peau.

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Vendredi 8 février 2008
Nouvel essai de récupération de voix en vue des municipales...

Le chef de l'État dévoile ce matin les grandes lignes du plan Espoir banlieues, centré sur l'emploi, le désenclavement, la sécurité, le logement et la santé.

C'est depuis la salle des fêtes du Palais de l'Élysée que Nicolas Sarkozy dévoilera ce matin le plan Espoir banlieues devant près de 1 000 invités et en présence de ses ministres. La remuante secrétaire d'État à la Ville, Fadela Amara, aurait aimé que le président l'accompagne à Vaulx-en-Velin à la fin du mois de janvier. Mais le chef de l'État a préféré la solennité de l'Élysée.

Promis d'abord pour l'été 2007, le gouvernement a choisi de prendre son temps pour concocter ce plan. Si l'Élysée n'emploie plus l'expression de plan Marshall pour les banlieues, un conseiller assure que le président prononcera un «grand discours sur les droits et les devoirs».

Un discours que le chef de l'État est venu roder pendant une demi-heure le 21 janvier à la gare de Sartrouville. Ce jour-là, pour son retour en banlieue, il a promis «une formation pour chaque jeune qui veut se lever tôt le matin». Satisfait de l'accueil, il a même donné rendez-vous à ses interlocuteurs : «Je reviendrai à Sartrouville pour vous faire des propositions concrète s.» Tiendra-t-il sa promesse ? À l'Élysée, on n'écarte pas la piste d'une prochaine visite en banlieue.

En attendant, le chef de l'État devrait, en partie au moins, s'appuyer sur les orientations défendues par sa secrétaire d'État à Vaulx-en-Velin.

 

250 000 jeunes concernés

Selon nos informations, le plan, qui ne devrait pas ressembler à «un empilage de mesures», devrait d'abord mettre l'accent sur l'emploi, le désenclavement, la sécurité, le logement et la santé.

Sarkozy pourrait ainsi annoncer ce matin l'extension des dispositifs de «seconde chance» déjà mis en place dans un certain nombre de quartiers (lire encadré ci-dessous). Couplé à des formations en alternance, le système pourrait concerner jusqu'à 250 000 jeunes de cités (encore faut-il qu'ils soient d'accord d'arrêter de glander...JB.), quand Fadela Amara en évoquait 45 000 en trois ans le 22 janvier dernier. Et pour que cette promesse ne reste pas lettre morte, le président devrait par ailleurs renouvelé l'engagement du gouvernement de désenclaver les quartiers sensibles les plus mal desservis. Un milliard d'euros pourrait ainsi y être consacré pour améliorer les transports.( Et où va t'il trouver l'argent? Dans nos poches, comme d'hab...JB.)

Nicolas Sarkozy ne devrait pas, en revanche, évoquer le coût global des mesures qui seront annoncées ce matin. «Ce n'est pas un problème d'argent», explique-t-on au cabinet de la secrétaire d'État avant de préciser que «tout sera budgété».

Plus que les questions de financement, le locataire de l'Élysée veut surtout faire de la place à la diversité et faire émerger une élite des banlieues . Une façon aussi d'effacer le souvenir des mots «racaille» et «Kärcher» prononcés en 2005 lorsqu'il était ministre de l'Intérieur.

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Mardi 5 février 2008

 

Jamel Debbouze absent à son procès: le tribunal lui interdit de conduire
 
 
Jamel Debbouze à Marrakech, le 8 décembre 2006 (© AFP/Archives - Abdelhak Senna)

PARIS (AFP)


Le tribunal correctionnel de Paris, qui avait convoqué lundi l'humoriste Jamel Debbouze pour répondre d'une conduite sans permis, l'a sanctionné pour son absence à l'audience, ordonnant sa comparution le 2 juin et lui interdisant de conduire tout véhicule d'ici là.


 

Le 8 avril 2007, Jamel Debbouze avait fait l'objet d'un contrôle de police sur les Champs-Elysées, alors qu'il était au volant d'une grosse berline de location.

L'acteur avait alors reconnu savoir depuis un an que son permis avait été invalidé après qu'il eut perdu tous ses points. Mais, avait-il assuré, une action était en cours devant le tribunal administratif qui devait lui rendre tous ses points et mener à la restitution de son permis. Il s'estimait donc autorisé à conduire.

Lors d'une première audience, le 15 octobre, le président de la 30e chambre correctionnelle, Luc Barbier, avait renvoyé l'affaire au 4 février. Il estimait que l'administration devait lui fournir des documents complémentaires concernant les six infractions routières commises par l'humoriste et ayant mené au retrait des 10 points de son permis.

M. Barbier avait d'ores et déjà ordonné que le comédien assiste à l'audience du 4 février. Pourtant, lundi matin, il ne s'est pas présenté car, d'après son avocat Me Sébastien Dufour, il était "dans le sud de la France, pour la promotion d'un film".

Le président a donc suivi en tout point les réquisitions du procureur qui a estimé qu'"il n'y avait pas lieu (pour M. Debbouze) de contourner cette comparution personnelle".

Comme le demandait le ministère public, le tribunal a ainsi placé l'humoriste "sous contrôle judiciaire, avec interdiction de conduire tout véhicule terrestre à moteur" d'ici l'audience du 2 juin.
 
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Lundi 4 février 2008

Tensions à Courcouronnes

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Les policiers ont dû faire usage de tirs de flash-ball lors d'un face-à-face tendu avec une centaine de personnes, samedi soir dans le quartier du Canal à Courcouronnes (Essonne), a-t-on appris dimanche de source policière.

Les policiers ont effectué des tirs de flash-ball et de gaz lacrymogène pour disperser un groupe de jeunes gens qui répliquait en jetant divers projectiles, a-t-on indiqué de même source.

Les policiers ont procédé à des contrôles d'identité mais il n'y a aucune interpellation. Personne n'a été blessé, a-t-on précisé.

Les policiers avaient d'abord été appelés par des riverains se plaignant d'une quarantaine de perturbateurs dans un square, un groupe rapidement rejoint par une cinquantaine de convives d'une fête dans le quartier. Le face-à-face a duré près d'une heure.

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Lundi 4 février 2008

 


Dans les couloirs blafards des urgences médico-judiciaires (UMJ) de l'Hôtel-Dieu, à Paris, la délinquance n'est pas une longue série de statistiques grises. Elle est bleue au corps. Plaies ouvertes. Stress et nuits blanches.

Sur les sièges usés de la salle d'attente, patientent les victimes de ce que le langage administratif appelle les "violences faites aux personnes" : agressions sexuelles, violences conjugales, menaces, bagarres, accidents de la route... Une violence discrète, mal captée par les médias, mais noyau récalcitrant des chiffres officiels.

 

if ( undefined !== MIA.Pub.OAS.events ) { MIA.Pub.OAS.events["pubOAS_middle"] = "pubOAS_middle"; } Dans l'étroite pièce aux murs fissurés qui fait office de salle de consultation, une jeune femme sèche ses larmes. Elle a déposé plainte parce qu'il y a quelques jours, son époux a tenté de l'étrangler. Les marques de strangulation ont presque disparu. Mais elle a encore du mal à déglutir. Surtout, elle est effondrée d'avoir retenu in extremis son enfant de neuf mois qu'elle tenait alors dans les bras.

Les locaux exigus des UMJ désemplissent rarement. Chaque année, environ 20 000 personnes défilent après avoir déposé plainte, dont 1 000 à 1 200 victimes d'agressions sexuelles. Les mineurs, environ 1 300 par an - dont 300 agressions sexuelles -, sont orientés vers l'hôpital Trousseau, à Paris. A côté de la salle d'attente où les victimes hagardes patientent devant un écran de télévision, les personnes gardées à vue, environ 30 000 par an, défilent accompagnées de policiers en uniforme.

En 2007, pour la première fois depuis quatre ans, les violences faites aux personnes auraient baissé de 5,7 %, selon la préfecture de police. Mais pour les quarante-cinq médecins qui se relaient dans ces urgences décrépies - qui seront bientôt rénovées -, le flot continu des blessés peine à rendre palpable cet écart. "Je suis incapable de discuter de la réalité de ces chiffres, explique le médecin chef des UMJ, Caroline Rey, 49 ans. Ce qui est sûr, c'est que je vois d'authentiques victimes."

Des victimes avec des contusions, des nez cassés, des yeux au beurre noir. Des blessures sans effusion d'hémoglobine, mais dont les séquelles sont souvent plus graves qu'il n'y paraît. "Derrière une plaie à la joue, il y a les glandes salivaires, derrière les paupières, les glandes lacrymales, explique le docteur Ahmed Hammache, 42 ans. Une plaie peut bien ne faire qu'un centimètre de long, les séquelles peuvent être importantes." Pour une personne âgée, le simple fait de tomber par terre après s'être fait arracher son sac à main peut "détruire son espérance de vie", ajoute-t-il.

Aux UMJ, on est toutefois moins là pour soigner la violence que pour la calculer. Avec une unité de mesure : les jours d'incapacité totale de travail (ITT). Ce sont elles qui conditionnent les poursuites judiciaires. Moins de huit jours d'ITT, et c'est le tribunal de police qui statue. Huit jours ou plus, c'est le tribunal correctionnel. Soit environ 15 % des cas, selon le docteur Hammache, qui a mené une étude sur un mois.

Dans cette délicate comptabilité, les séquelles psychologiques sont aussi prises en compte. Avec toutes les difficultés que comporte l'exercice. "Une personne simplement victime de menaces verbales peut, après cela, se terrer chez elle et ne plus dormir la nuit à cause des cauchemars, ce qui est profondément invalidant", explique le responsable de l'unité psychiatrique de l'Hôtel-Dieu, Nicolas Dantchev. "Un agent de la RATP peut être agressé une fois, deux fois, trois fois sans que ça l'atteigne psychologiquement, puis, à la quatrième, totalement s'effondrer", ajoute-t-il.

Si les patients le demandent, une psychologue, Marie-Claude Dolleans, est disponible. Selon elle, les violences aux personnes ont souvent un impact bien supérieur aux blessures apparentes : "Elles surviennent toujours par surprise et renvoient du coup au ressort de la faille, de la non-maîtrise, parfois de l'humiliation." Souvent, ajoute-t-elle, elles amènent à une forme de "bilan de vie".

Source: Le Monde
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Jeudi 31 janvier 2008

 


Un gardien de la paix de 28 ans a été blessé jeudi matin à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) par un présumé voleur à la roulotte, a-t-on appris de source policière, mais l'état de santé du fonctionnaire est moins inquiétant qu'envisagé dans un premier temps.

 

Ses jours ne seraient pas en danger, aucun organe vital n'ayant été touché, a précisé cette source.

Le gardien de la paix a été blessé de cinq coups de couteau par un homme peu avant 10h00 avenue Jean-Jaurès, dans des circonstances qui restent à déterminer avec précision, selon cette source.

Il a été blessé à la main et à l'épaule mais pas au ventre contrairement à ce qu'indiquaient les premières informations policières.

L'auteur présumé a pris la fuite.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le gardien de la paix est intervenu pour un présumé vol à la roulotte commis par un homme seul qui l'a blessé "sans raison apparente".

Le policier, selon la source policière, "qui s'est protégé des coups de couteau comme il a pu" a été transporté par le Samu à l'hôpital et est resté conscient.

Le gardien de la paix est âgé de 28 ans et en poste depuis deux ou trois ans à Aubervilliers, a ajouté la source.

Frédéric Lagache, secrétaire national d'Alliance (second syndicat de gardiens de la paix) a déclaré à l'AFP que la "police paie une fois de plus un lourd tribut". "Nous réclamons des mesures pour la sécurité de nos collègues et des peines plancher pour les agresseurs de policiers", a-t-il ajouté.

"Que faudra-t-il de plus grave pour que nous soyons enfin écoutés ?", a-t-il demandé.

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Jeudi 31 janvier 2008

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De nouvelles informations prouvent que, dimanche soir, l'attaque des caméras de vidéosurveillance de la Blaquière a été menée par un commando très organisé et rapide
 

La première caméra a été détruite à 21 h 15 à l'entrée Ouest de la Blaquière (par le boulevard Rouquier). A 21 h 23 une patrouille de la BAC du commissariat de Grasse était sur place, mais constatait que les casseurs s'étaient enfuis. A 21 h 25, une patrouille de la police municipale se faisait prendre à partie à l'entrée Est (en face d'Axe 85) par des individus cagoulés et armés de barres de fer.

Le temps que la BAC fasse le tour de la cité, pour les appuyer, les municipaux s'étaient retirés et les assaillants également. Ils n'ont pas eu le temps de détruire la caméra du centre commercial, dont le mât est plus haut.

Le reste est connu : trois caméras cassées et le système de surveillance vidéo hors service. Des renforts de police appelés de Nice et Cannes, parce que le commissariat de Grasse était à court d'effectif.

Cet événement prouve qu'un palier a été franchi dans la délinquance à la Blaquière. Une poignée de meneurs n'a pas eu peur de planifier une opération commando, rapide et concertée, et d'y associer des « jeunes ». Plusieurs de ses membres s'étaient équipés pour casser et faire peur : barres de fer, bâtons, cagoules, échelle...

Comment en est-on arrivé là ?

Leur opération s'est déroulée 24 heures après l'inauguration des œuvres d'art de la Blaquière et du changement de nom du quartier en « Fleurs de Grasse ».

Ont-ils voulu défier les élus et notamment les déclarations musclées du sous-préfet ?

Autre piste : ces caméras dérangent les trafics qui se font dans le quartier. « On touche ici au haut du panier des délinquants » avancent les autorités. Mieux organisés que les « petits », ces grands frères auraient pu agir pour montrer qu'ils « tiennent le quartier ».

Mais étaient-ils tous de la Blaquière ? Ces derniers mois plusieurs habitants un peu trop remuants avaient été dirigés route des Genêts et le climat s'était calmé.

Cette attaque relance le débat sur la délinquance dans le quartier et les moyens de la maîtriser.

Installées récemment, les caméras n'ont pas été suffisantes pour prévenir et arrêter l'opération commando.

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Source: Nice Matin
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