
Violence et délinquance dans les banlieues se maintiennent à un niveau élevé, au point de déborder la justice et d'avoir amené récemment la relance d'une forme de police de proximité.
Pour policiers et magistrats, les violences survenues du 27 octobre au 17 novembre 2005 dans près de 280 communes, avec 10.000 véhicules et 300 bâtiments incendiés et 130 policiers et émeutiers blessés, et celles survenues en novembre durant deux nuits à Villiers-le-bel, dans le Val-d'Oise, avec d'importants dégâts, ne sont que l'écho violent du quotidien.
"C'est une délinquance de masse, un flux de délinquance continu et permanent. Les parquets classent par nécessité pour ne retenir que les faits les plus graves", explique Bruno Thouzellier, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), qui a travaillé au parquet de Créteil.
Les policiers s'inquiètent de voir des armes à feu désormais utilisées contre eux, comme à Villiers-le-Bel. Depuis trente ans, la violence en banlieue a ancré ses rituels, au premier rang desquels les incendies de voiture.
Ils sont constants, toute l'année, avec un pic la nuit du réveillon de la Saint-Sylvestre. Le ministère de l'Intérieur s'est cette année félicité d'une nuit "relativement calme" avec 372 véhicules brûlés - l'opposition estime qu'il y en a eu au moins le double - et 259 arrestations.
La violence déborde les magistrats. Bruno Thouzellier se souvient de journées de comparutions immédiates où pouvaient être présentés 48 dossiers à Créteil.
"Des conditions de travail insensées, indignes d'un pays développé", dit-il. Malgré des renforts récents, et une réforme de la carte judiciaire, le tribunal de Bobigny est seul dans le "93" pour traiter la délinquance d'un département de 1,5 million d'habitants.
POLICE DE PROXIMITE
La question des causes et des racines de la violence fait débat. La gauche associative et l'extrême gauche y voient l'effet d'une déchéance sociale de quartiers, d'un chômage frôlant parfois les 40% et de la discrimination raciale, facteurs propices selon elles à des formes de "révolte sociale".
Cette explication a été reprise dans un rapport des Renseignements généraux sur les violences de 2005, qui soulignait l'extrême jeunesse des auteurs déférés devant la justice et le fait qu'ils avaient peu d'antécédents judiciaires.
La droite, le gouvernement actuel et une partie du PS dénoncent de leur côté une organisation de la violence par des réseaux criminels, en fait les trafiquants de drogue, forme de délinquance commune en banlieue, avec notamment le cannabis.
Bruno Thouzellier accepte en partie cette dernière explication. "Autrement, je ne peux pas croire que des gens qui réfléchissent un peu brûlent leurs propres voitures, leurs propres maisons, leurs propres bibliothèques", ajoute-t-il.
Pourtant, dit-il, l'explication sociale est validée aussi par le constat qu'un incident impliquant la police peut embraser spontanément un quartier. "Ce n'est pas un secret, les rapports entre la police et les jeunes de banlieue sont mauvais. La présence policière continue est un facteur de stabilité", remarque Bruno Thouzellier.
Tout en réfutant l'appellation, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, vient de relancer en Seine-Saint-Denis une forme de "police de proximité", supprimée en 2003 par Nicolas Sarkozy.
Alors que l'accent était mis depuis 2002 sur les opérations "coup de poing", il s'agit pour la police d'être à demeure dans les banlieues et d'assurer le contact avec les habitants autant que les tâches d'enquête et de maintien de l'ordre.
La décision a été saluée par les syndicats de police.
"La coupure entre la police et la population, en particulier la jeunesse, est béante. Fracture pouvant conduire à une situation proche de celle d'une guerre civile. Il était vital de réagir et de revenir vers une police proche des gens", a dit le syndicat SGP-FO.
De nombreux élus locaux de gauche comme de droite réclament déjà l'extension de l'expérience
relancée par Michèle Alliot-Marie dans le "93".
Source: Le Figaro
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Oulà !!!! Du calme ! On fait plus grève !
Un Palais des Congrès comble, plus de 1 500 personnes dans la salle
et beaucoup d’autres qui n’ont pu entrer. Chico et les Gypsies ouvrant et clôturant la soirée, tout était réuni pour que le succès soit au rendez-vous de la présentation, par Jean-Noël Guérini,
de son programme pour les municipales.