Mardi 13 mai 2008

Voici un extrait du livre "L'an V de la révolution algérienne" de Fanon, écrit en 1959.

Je n'ai aucun doute que "Ni pute ni soumise" est l'outil de cette idéologie nauséabonde, relayée par les assistantes sociales aux contacts de parents isolés.



 
Extraits:
[Page 18]
« Avec le voile, les choses se précipitent et s'ordonnent. La femme algérienne est bien aux yeux de l'observateur : « Celle qui se dissimule derrière le voile. »
Nous allons voir que ce voile, élément parmi d'autres de l'ensemble vestimentaire traditionnel algérien, va devenir l'enjeu d'une bataille grandiose, à l'occasion de laquelle les forces d'occupation mobiliseront leurs ressources les plus puissantes et les plus diverses, et où le colonisé déploiera une force étonnante d'inertie. La société coloniale, prise dans son ensemble, avec ses valeurs, ses lignes de force et sa philosophie, réagit de façon assez homogène en face du voile. Avant 1954, plus précisément, depuis les années 1930-1935, le combat décisif est engagé. Les responsables de l'administration française en Algérie, préposés à la destruction de l'originalité d'un peuple, chargés par les pouvoirs de procéder coûte que coûte à la désagrégation des formes d'existence susceptibles d'évoquer de près ou de loin une réalité nationale, vont porter le maximum de leurs efforts sur le port du voile, conçu en l'occurrence, comme symbole du statut de la femme algérienne. Une telle position n'est pas la conséquence d'une intuition fortuite. C'est à partir des analyses des sociologues et ethnologues que les spécialistes des affaires dites indigènes et les responsables des Bureaux arabes coordonnent leur travail. A un premier niveau, il y a une reprise pure et simple de la fameuse formule : « Ayons les femmes, le reste suivra. » Cette explicitation se contente simplement de revêtir une allure scientifique avec les « découvertes » des sociologues.

[Page 19]
Sous le type patrilinéaire de la société algérienne, les spécialistes décrivent une structure par les occidentaux comme une société de l'extériorité, du formalisme et du personnage. La femme algérienne, intermédiaire entre les forces obscures et le groupe, paraît alors revêtir une importance primordiale. Derrière le patriarcat visible, manifeste, on affirme l'existence, plus capitale, d'un matriarcat de base. Le rôle de la mère algérienne, ceux de la grand-mère, de la tante, de la « vieille » sont inventoriés et précisés.
L'administration coloniale peut alors définir une doctrine politique précise : « Si nous voulons frapper la société algérienne dans sa contexture, dans ses facultés de résistance, il nous faut d'abord conquérir les femmes ; il faut que nous allions les chercher derrière le voile où elles se dissimulent et dans les maisons où l'homme les cache. » C'est la situation de la femme qui sera alors prise comme thème d'action.
L'administration dominante veut défendre solennellement la femme humiliée, mise à l'écart, cloîtrée… On décrit les possibilités immenses de la femme, malheureusement transformée par l'homme algérien en objet inerte, démonétisé, voire déshumanisé. Le comportement de l'Algérien est dénoncé très fermement et assimilé à des survivances moyenâgeuses et barbares. Avec une science infinie, la mise en place d'un réquisitoire-type contre l'Algérien sadique et vampire dans son attitude avec les femmes, est entreprise et menée à bien. L'occupant amasse autour de la vie familiale de l'Algérien tout un ensemble de jugements, d'appréciations, de considérants, multiplie les anecdotes et les exemples édifiants, tentant ainsi d'enfermer l'Algérien dans un cercle de culpabilité.

Des sociétés d'entraide et de solidarité avec les femmes algériennes se multiplient. Les lamentations s'organisent. « On veut faire honte à l'Algérien du sort qu'il réserve à la femme. » C'est la période d'effervescence et de mise en application de toute une technique [page 20] d'infiltration au cours de laquelle des meutes d'assistantes sociales et d'animatrices d'œuvres de bienfaisances se ruent sur les quartiers arabes.

C'est d'abord le siège des femmes indigentes et affamées qui est entrepris. A chaque kilo de semoule distribué correspond une dose d'indignation contre le voile et la claustration. Après l'indignation, les conseils pratiques. Les femmes algériennes sont invitées à jouer un « rôle fondamental, capital » dans la transformation de leur sort. On les presse de dire non à une sujétion séculaire. On leur décrit le rôle immense qu'elles ont à jouer. L'administration coloniale investit des sommes importantes dans ce combat. Après avoir posé que la femme constitue le pivot de la société algérienne, tous les efforts sont faits pour en avoir le contrôle. L'Algérien, est-il assuré, ne bougera pas, résistera à l'entreprise de destruction culturelle menée par l'occupant, s'opposera à l'assimilation, tant que sa femme n'aura pas renversé la vapeur. Dans le programme colonialiste, c'est à la femme que revient la mission historique de bousculer l'homme algérien. Convertir la femme, la gagner aux valeurs étrangères, l'arracher à son statut, c'est à la fois conquérir un pouvoir réel sur l'homme et posséder les moyens pratiques, efficaces, de destructurer la culture algérienne.

Encore aujourd'hui, en 1959, le rêve d'une totale domestication de la société algérienne à l'aide des « femmes dévoilées et complices de l'occupant », n'a pas cessé de hanter les responsables politiques de la colonisation.[note de bas de page 1][On passe à page 21]

Note de bas de page 1: Le travail d'approche est également réalisé dans les établissements scolaires. Assez rapidement, les enseignants, à qui les parents ont confié les enfants prennent l'habitude de porter un jugement sévère sur le sort de la femme dans la société algérienne. « On espère fermement que vous au moins serez assez fortes pour imposer votre point de vue.. ». Des écoles de « jeunes filles musulmanes » se multiplient. Les institutrices ou les religieuses, à l'approche de la puberté de leurs élèves, déploient une activité véritablement exceptionnelle. Les mères sont d'abord touchées, assiégées et on leur confie leur mission d'ébranler et de convaincre le père. On vante la prodigieuse intelligence de la jeune élève, sa maturité ; on évoque le brillant avenir réservé à ces jeunes avidités, et l'on n'hésite pas à attirer l'attention sur le caractère criminel d'une éventuelle interruption de la scolarité de l'enfant. On accepte de faire la part des vices de la société colonisée et l'on propose l'internat à la jeune élève, afin de permettre aux parents d'échapper aux critiques « de voisins bornés ». Pour le spécialiste des affaires indigènes, les anciens combattants et les évolués sont les commandos chargés de détruire la résistance culturelle d'un pays colonisé. Aussi, les régions sont-elles répertoriées en fonction du nombre d'« unités actives » d'évolution, donc d'érosion de la culture nationale qu'elles renferment.

[Page 21]
Les hommes algériens, pour leur part, font l'objet des critiques de leurs camarades européens ou plus officiellement de leurs patrons. Il n'est pas un travailleur européen qui, dans le cadre des relations interpersonnelles du chantier, de l'atelier ou du bureau, ne soit amené à poser à l'Algérien les questions rituelles : « Ta femme est-elle voilée ? Pourquoi ne te décides-tu pas à vivre à l'européenne ? Pourquoi ne pas emmener ta femme au cinéma, au match, au café ? »
Les patrons européens ne se contentent pas de l'attitude interrogative ou de l'invitation circonstanciée. Ils emploient des « manœuvres de sioux » pour acculer l'Algérien, et exigent de lui des décisions pénibles. A l'occasion d'une fête, Noël ou Jour de l'An, ou simplement d'une manifestation intérieure à l'entreprise, le patron invite l'employé algérien et sa femme. L'invitation n'est pas collective. Chaque Algérien est appelé au bureau directorial et nommément convié à venir avec sa « petite famille ». L'entreprise étant une grande famille, il serait mal vu que certains viennent sans leurs épouses, vous comprenez, n'est-ce pas ?... Devant cette mise en demeure, l'Algérien connaît quelquefois des moments difficiles. Venir avec [Page 22] sa femme, c'est s'avouer vaincu, c'est « prostituer sa femme », l'exhiber, abandonner une modalité de résistance. Par contre, y aller seul, c'est refuser de donner satisfaction au patron, c'est rendre possible le chômage. L'étude d'un cas choisi au hasard, le développement des embuscades tendues par l'Européen pour acculer l'Algérien à se singulariser, à déclarer : « Ma femme est voilée, elle ne sortira pas » ou à trahir : « Puisque vous voulez la voir, la voici », le caractère sadique et pervers des liens et des relations, montreraient en raccourci, au niveau psychologique, la tragédie de la situation coloniale, l'affrontement pied à pied de deux systèmes, l'épopée de la société colonisée avec ses spécificités d'exister, face à l'hydre colonialiste.

Avec l'intellectuel algérien, l'agressivité apparaît dans toute sa densité. Le fellah, « esclave passif d'un groupe rigide » trouve une certaine indulgence devant le jugement du conquérant. Par contre, l'avocat et le médecin sont dénoncés avec une exceptionnelle vigueur. Ces intellectuels, qui maintiennent leurs épouses dans un état de semi-esclavage, sont littéralement désignés du doigt. La société coloniale s'insurge avec véhémence contre cette mise à l'écart de la femme algérienne. On s'inquiète, on se préoccupe de ses malheureuses, condamnées « à faire des gosses », emmurées, interdites.
En face de l'intellectuel algérien, les raisonnements racistes surgissent avec une particulière aisance. Tout médecin qu'il est, dira-t-on, il n'en demeure pas moins arabe… « Chassez le naturel, il revient au galop »… Les illustrations de ce racisme-là peuvent être indéfiniment multipliées. En clair, il est reproché à l'intellectuel de limiter l'extension des habitudes occidentales apprises, de ne pas jouer son rôle de noyau actif de bouleversement de la société colonisée, de ne pas faire profiter sa femme des privilèges d'une vie plus digne et plus profonde…
Dans les grandes agglomérations, il est tout à fait banal d'entendre un [PAGE 23] Européen confesser avec aigreur n'avoir jamais vu la femme d'un Algérien qu'il fréquente depuis vingt ans. A un niveau d'appréhension plus diffus, mais hautement révélateur, on trouve la constatation amère que « nous travaillons en vain »… que « l'Islam tient sa proie. ».
En présentant l'Algérien comme une proie que se disputeraient avec une égale férocité l'Islam et la France occidentale, c'est toute la démarche de l'occupant, sa philosophie et sa politique qui se trouvent ainsi explicitées. Cette expression indique en effet que l'occupant, mécontent de ses échecs, présente de façon simplifiante et péjorative, le système de valeurs à l'aide duquel l'occupé s'oppose à ses innombrables offensives. (…)

[PAGE 24]
Les forces occupantes, en portant sur le voile de la femme algérienne le maximum de leur action psychologique, devaient évidemment récolter quelques résultats. Çà et là il arrive donc que l'on “sauve” une femme qui, symboliquement, est dévoilée.

Ces femmes-épreuves, au visage nu et au corps libre, circulent désormais, comme monnaie forte dans la société européenne d'Algérie. Il règne autour de ces femmes une atmosphère d'initiation. Les Européens surexcités et tout à leur victoire, par l'espèce de transe qui s'empare d'eux, évoquent les phénomènes psychologiques de la conversion. Et de fait, dans la société européenne, les artisans de cette conversion gagnent en considération. On les envie. Ils sont signalés à la bienveillante attention de l'administration.

Les responsables du pouvoir, après chaque succès enregistré, renforcent leur conviction dans la femme algérienne conçue comme support de la pénétration occidentale dans la société autochtone. Chaque voile rejeté découvre aux colonialistes des horizons jusqu'alors interdits, et leur montre, morceau par morceau, la chair algérienne mise à nu. L'agressivité de l'occupant, donc ses espoirs, sortent décuplés en voie de dislocation après chaque visage découvert. Chaque nouvelle femme algérienne dévoilée annonce à l'occupant une société algérienne aux systèmes de défense en voie de dislocation, ouverte et défoncée. Chaque voile qui tombe, chaque corps qui se libère de l'étreinte traditionnelle du haïk, chaque visage qui s'offre au regard hardi et impatient de l'occupant, exprime en négatif que l'Algérie commence à se renier et accepte le viol du colonisateur. La société algérienne avec chaque voile abandonné semble accepter de se mettre à l'école du maître [PAGE 25 ] et décider de changer ses habitudes sous la direction et le patronage de l'occupant. …


Mais également il y a chez l'Européen cristallisation d'une agressivité, mise en tension d'une violence en face de la femme algérienne. Dévoiler cette femme, c'est mettre en évidence la beauté, c'est mettre à nu son secret, briser sa résistance, la faire disponible pour l'aventure. Cacher le visage, c'est aussi dissimuler un secret, c'est faire exister un monde du mystére et du caché. Confusément, l'Européen vit à un niveau fort complexe sa relation avec la femme algérienne. Volonté de mettre cette femme à portée de soi, d'en faire un éventuel objet de possession.

Cette femme qui voit sans être vue frustre le colonisateur. Il n'y a pas réciprocité. Elle ne se livre pas, ne se donne pas, ne s'offre pas. L'Algérien a, à l'égard de la femme algérienne, une attitude dans l'ensemble claire. Il ne la voit pas. Il y a même volonté permanente de ne pas apercevoir le profil féminin, de ne pas faire attention aux femmes. Il n'y a donc pas chez l'Algérien, dans la rue ou sur une route, cette conduite de la rencontre intersexuelle que l'on décrit aux niveaux du regard, de la prestance, de la tenue musculaire, des différentes conduites troublées auxquelles nous a habitués la phénoménologie de la rencontre.

L'Européen face à l'Algérienne veut voir. Il réagit de façon agressive devant cette limitation de sa perception. Frustration et agressivité ici encore vont évoluer de façon permanente.

L'agressivité va se faire jour, d'abord dans des attitudes structuralement ambivalentes et dans le matériel onirique que l'on met en évidence indifféremment chez l'Européen normal ou souffrant de troubles névropathiques.


Note de bas de page 1: Il faut signaler l'attitude fréquente, principalement des Européennes, à l'égard d'une particulière catégorie d'évoluées. Certaines femmes algériennes dévoilées, avec une rapidité étonnante et une aisance insoupçonnées réalisent de parfaites occidentales. Les femmes européennes ressentent une certaine inquiétude devant ces femmes. Frustrées devant le voile, elles éprouvent une impression analogue devant le visage découvert, ce corps audacieux, sans gaucherie, sans hésitation, carrément offensif. La satisfaction de diriger l'évolution, de corriger les fautes de la dévoilée est non seulement retirée à l'Européenne, mais elle se sent mise en danger sur le plan [PAGE 26] de la coquetterie, de l'élégance, voire de la concurrence de cette…
Novice muée en professionnelle, catéchumène transformée en propagandiste, la femme algérienne met en question l'Européenne. Cette dernière n'a d'autre ressource que de rejoindre l'Algérien qui avait avec férocité, rejeté les dévoilées dans le camp du mal et de la dépravation. « Décidément, diront les Européennes, ces femmes dévoilées sont tout de même des amorales et des dévergondées. » L'intégration, pour être réussie, semble bien devoir n'être qu'un paternalisme continué, accepté.

Lundi 12 Mai 2008
Source: masjiddarwa@yahoo.fr
par joeblack publié dans : INVASION
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Mardi 13 mai 2008

Normal, les anciens commencent à réflechir sur les effets négatifs de leur religion...


Tariq Ramadan est intervenu pour la première fois depuis de nombreuses années.

Autrefois, on comptait les visiteurs du rassemblement de l'Union des organisations islamiques de France au Bourget, comme on aurait passé en revue une armée. Les dizaines de milliers de personnes présentes faisaient office de pèlerins de l'islam, suscitant autant de craintes que de fascination dans la classe politique. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, s'était déplacé au Bourget en 2003, tout comme des maires, des députés, ou encore Christine Boutin, en 2006. L'âge d'or de l'ouverture est achevé.

Ces rencontres sont redevenues une fête entre musulmans, moins sulfureuse, elle était cette année placée sous le signe de la famille avec une forte présence d'immigrés et moins de jeunes, semble-t-il.

C'est pour les attirer que l'UOIF a convié le médiatique Tariq Ramadan, que l'on n'avait pas vu au Bourget durant les années où le mouvement proche des Frères musulmans tentait de percer dans la sphère politique française.

«Les liens entre l'UOIF et Tariq Ramadan s'étaient distendus pour des raisons stratégiques, à l'époque où Nicolas Sarkozy voulait nationaliser l'islam français», explique Caroline Fourest, auteur de Frère Tariq (Grasset). «Mais ils n'ont jamais eu de désaccord sur le fond.» Cette année, les conditions des retrouvailles étaient réunies. D'un côté, le prédicateur employé par le ministère de l'Intérieur britannique pour encadrer les musulmans trouve ici une estrade de choix. De l'autre, l'UOIF n'a plus besoin de donner les gages d'antan, tandis que le Conseil français du culte musulman est globalement discrédité par des crises chroniques.

Des stands dédiés à l'éducation

Parmi le public venu écouter le prédicateur suisse, une grappe de jeunes filles incarne l'islam dans sa diversité. Têtes couvertes côtoient cheveux au vent. L'une a entamé des études d'arabe à la Sorbonne, mais n'aime guère «se retrouver isolée entre des barbus et des voilées». L'autre vend des vêtements musulmans et croit fermement à supériorité de l'islam. «Les catholiques se rendent compte que leurs églises sont vides. Ils nous envient. Il y a beaucoup de conversions.» Malika avoue être venue acheter «livres, cassettes, djellaba, hidjab, bijoux» et se renseigner sur les écoles.

Les stands dédiés à l'éducation musulmane ont fleuri, attirant des jeunes parents tandis que les instituts pour apprendre l'arabe et le Coran font recette. Certes, des puristes regimbent contre cette commercialisation de l'islam, avec des stands proposés à 3 000 euros et une entrée à 12 euros. Mais la plupart des visiteurs ne sont pas politisés et viennent chercher une «ambiance musulmane». Et un supplément d'âme que Ramadan a tenté de donner. Il est l'un des rares prédicateurs francophone dont dispose l'UOIF, capable de parler le langage de la jeunesse, ce qui tranche avec les intervenants venus du Maghreb aux discours souvent décalés.

La relève n'est pas venue des leaders musulmans issus des organisations de jeunesse de l'UOIF qui ont fini par quitter le mouvement, trop étouffés par la hiérarchie qui reste aux mains des anciens étudiants maghrébins, ces «bledards» restés en France.

L'UOIF, qui se revendique comme indépendante des pays d'origine, n'a pas engendré d'élite religieuse française. Et fait appel aux frères Ramadan, dont Hani, religieux rigoriste, épinglé pour avoir justifié la lapidation des femmes adultères dans un article du Monde. Qui n'en finit pas d'affirmer, d'affiches géantes en déclarations des dirigeants, travailler à «un islam du juste milieu», détaché des pays d'origine.

par joeblack publié dans : INVASION
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Mardi 13 mai 2008

Je ne clamerai pas cette victoire car on n'en fait l'echo dans les médias que sur les tons habituels de xénophobie mais j'applaudis des deux mains les électeurs italiens qui ont montré par là leur désaprobation de voir leur pouvoir d'achat et leur vie de tous les jours régis par une préférence non nationale clairement affichée, comme en France. Après d'autres nations, les italiens ont montré "qu'ils en avaient" en rejetant le cancer de l'immigration. Pourquoi pas nous?
JB.


"En perçant de 4,5 % à 8,1 %, la Ligue du Nord (LN) est apparue comme la formation gagnante des élections de dimanche et lundi derniers. Dans le Nord, la - formation séparatiste d’Umberto Bossi parvient à prendre des voix à son allié le Peuple des libertés (PDL) de Silvio Berlusconi. Selon l’Institut Cattaneo, elle gagne au Nord 1 421 273 voix, alors que le parti berlusconien PDL en perd 831 309. Mieux, elle élargit son influence territoriale en réalisant 7,1 % des suffrages dans l’ex-région rouge d’Émilie-Romagne et passe à 26 % en Vénétie et 20 % en Lombardie.

Ce renforcement du parti xénophobe, qui, depuis 1983, réclame l’indépendance, ou tout au moins plus d’autonomie pour le nord de l’Italie, qui serait « pillé par Rome la voleuse », coupable de redistribuer trop largement les richesses de la région vers le sud, a remis en selle la « question septentrionale ».

La Padanie, nom donné par Umberto Bossi à l’ensemble des provinces nordiques en mal de sécession, a rejoint le groupe de plus en plus remuant de ces régions riches d’Europe qui réclament désormais plus d’autonomie au nom de l’application du principe de compétition, au coeur du dogme libéral de l’actuelle construction de l’UE. Toutes ces provinces, comme la Catalogne, la Flandre ou le Pays Basque, entendent réduire leurs versements à l’État central, au détriment bien entendu des solidarités nationales. Mais le parallèle s’arrête sans doute là. Car l’identité padane ne repose sur rien, sinon sur un travail d’élaboration de celle-ci par la Ligue du Nord…

La Ligue a réussi à séduire en tenant un discours très libéral-populiste. Au-delà des diatribes contre l’immigration, elle a su anticiper la crise des grands partis politiques (DC, PCI, PSI) et pu prospérer en critiquant « la partitocratie » et « l’establishment ».

Les dernières enquêtes montrent que la LN est parvenue à capter une bonne partie de l’électorat populaire, mais aussi de la bourgeoisie, si bien que le quotidien économique Il Sole 24 Ore la définissait mardi comme un parti territorial, à l’image de la CSU en Bavière. Jouant sur le ni droite ni gauche, la Ligue a réussi à faire fonctionner l’idée d’un rassemblement de producteurs de richesses spoliés par les partis, l’État et la bureaucratie, peuplés de fonctionnaires venus du Sud.

En fait, la Ligue du Nord a fait son fonds de commerce des inefficacités de l’État - central, qui entraveraient le - dynamisme économique du nord du pays. « En Espagne, il y a 279 km d’autoroutes pour un million d’habitants. En Italie 144, et en Lombardie 61 », se plaint ainsi le responsable léguiste Roberto Castelli.

Le parti est parvenu à - imposer ses thèmes de campagne. Les infrastructures et la débureaucratisation de l’État ont été parmi les principaux sujets abordés par Walter Veltroni et Silvio Berlusconi.

Menaçant ouvertement l’unité de l’Italie, la Ligue du Nord est déterminante pour la majorité de Silvio Berlusconi. Umberto Bossi faisait monter hier les enchères pour obtenir des ministères clés. Première traduction de la redoutable influence acquise par la Ligue : un arsenal de mesures anti-immigrés a été annoncé par Berlusconi. Et le nouveau président du Conseil a décidé, dès mardi, de ressusciter la loi Bossi-Fini*, si restrictive en matière d’immigration."

Gaël De Santis


*   http://www.senat.fr/lc/lc112/lc1124.html
par joeblack publié dans : Résistance
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Mardi 13 mai 2008
Tiens, c'est marrant. Nous les croyions intouchables...
JB.


. Le président régional du culte musulman est lui-même très modéré : «ce n’est pas du vandalisme. Rien n’a été saccagé, indique-t-il. Cela a toutes les apparences d’un banal cambriolage».

Abdelatif Melouki a été un des premier à se rendre ce matin à la mosquée du Tabar,la plus grande de la région, dans le quartier de la Reynerie à Toulouse. Les policiers y étaient déjà en train de faire les relevés d’usage.

Après la tentative d’incendie de la mosquée de Colomiers le dimanche 20 avril dernier (voir LibéToulouse à cette date), les musulmans pouvaient craindre une nouvelle agression contre leur culte. Leur chef se refuse, pour l’heure, à établir un quelconque lien entre les deux évènements.

«Pas de casse, pas de peintures ni de graffitis sur les murs», a noté tout de suite le leader religieux. N’ont disparu, explique-t-il, que les diverses boîtes qui servent de tronc aux fidèles et la petite caisse de la bibliothèque où sont achetés des livres.

Ces boîtes-troncs dont le contenu n’a pu être évalué étaient rassemblées dans le bureau de la mosquée. Elles ne devaient toutefois pas receler des fortunes, semble penser Abdelatif Mellouki.

«Cela peut se passer dans tous les lieux de culte, dans toutes les églises», reprend-il. Il a suffi d’un pied de biche aux cambrioleurs pour forcer la première entrée puis de casser les vitres des portes de la bibliothèque et du bureau. «Le motif de l’intrusion était le vol, tout simplement», concluent les croyants du lieu.

Les faits se sont a priori produits aux toutes premières heures du matin. Á 14 heures, la grande prière du vendredi se déroulait normalement

par joeblack publié dans : Islam
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Mardi 13 mai 2008












"Donnez pour la mosquée de Saint-Malo! Saint-Malo… Pas loin de la mer!" Il est jeune et s’égosille pour faire tomber des euros. Il s’est installé à l’entrée du chemin qui mène au parc des expositions du Bourget où se tient la Rencontre annuelle des musulmans de France, organisée ce week-end par
l'Union des organisations islamiques de France.

Il est bien placé, devant ceux qui appellent aux dons pour la construction d’une mosquée à Fontenay, avant aussi ceux qui demandent des euros pour le projet d’une mosquée à Tours… La foule passe entre lui. Des poussettes. Des jeans. Des foulards. Un type avec un maillot rouge "No money, no girl, no chance". Un autre avec un T-shirt à l’effigie du commandant Massoud.

Quand on entre dans le hall des expositions, il y a encore d’autres projets de mosquée. Celui de Villeneuve-la-Garenne. Celui de Grigny. Celui de Mulhouse… Ceux-là ont loué des stands. Parfois, ils ont installé des jolies maquettes qu’on peut inspecter de tous les côtés.

"On dit que c'est à cause de la mosquée que le maire a été réélu" (tiens, comme à Montbéliard, dans le Doubs...)

"Nous, ce n’est pas un projet, c’est déjà un chantier!" Prof d’espagnol à l’université de Lille III, Karima el-Mohktari, 30 ans, fait la pub de la mosquée de Villeneuve d’Ascq. "La première mosquée verte", dit-elle. Elle nous parle de développement durable, de géothermie, de la récupération des eaux de pluie…

Le fond du stand est tapissé des photos du début du chantier, en mars 2007. On y voit le maire socialiste de l’époque, Jean-Michel Stievenard. "Y a des langues qui disent que c’est à cause de la mosquée qu’il n’a pas été réélu…. " A côté des thermos de café et de thé, des brochures dont la dernière page est un bon de demande de prélèvement à découper. "Il nous manque encore un million", sur les trois prévus.

C’est pour ça qu’elle est venue: pour "la communication" autour de la construction de la mosquée. "On aurait pu être dans le coin des exposants des associations", dit-elle en référence aux autres projets, "mais on a préféré payer deux fois plus, pour être dans la partie commerciale [du hall, ndlr]".

On est effectivement bien dans la "partie commerciale". Des allées de vendeurs en tout. De ballons Spider-Man aux bras des enfants, aux poignées des poussettes. Des robes. Des hijab. Des pantalons à dix euros. Tiens, une agence matrimoniale musulmane ("suivi personnalisé et confidentiel"). Les vendeurs de forfaits téléphone vers le Maghreb, de mutuelles santé.

Les magasins Casino ont pris un stand pour recruter ("Nourrir un monde de diversité" dit la plaquette, "Apprenti(e)s boucherie, marée ou fruits et légumes" dit le tract). Il y a encore, posé sur une table, un modèle de toilettes-bidet spécial pour musulman. Des livres d’éveil à la religion, de cuisine ou de n’importe quoi ("Guérir avec le cumin").

"Le petit Ahmed, vêtu d’un pantalon vert et d’un T-shirt rouge, s’est perdu"

Remplacez les corans par des robots-mixeurs de cuisine, et on se croirait presque à la foire de Paris. "Le petit Ahmed, vêtu d’un pantalon vert et d’un T-shirt rouge, s’est perdu", dit une voix de haut-parleur.

Combien étaient-ils pendant ces quatre jours? 100 000 visiteurs, peut-être même 140 000 estime Amar Lasfar, recteur de la mosquée de Lille et président du lycée musulman privé de Lille, et membre du bureau de l’UOIF.

A côté, le hall réservé aux conférences était souvent plein lui aussi, mais ce n’est pas pour ça que Karima est venue ("On a ce qu’il faut dans le Nord"). Pas non plus indispensable de venir jusqu’ici pour faire son shopping d'articles religieux. "Les gens pourraient faire leurs courses spécialisées sur Internet, mais ils viennent pour "la fierté". La fierté se savoir si nombreux. "Regardez. C’est ce qui fait que les gens emmènent leurs enfants."

Source: Rue 89
par joeblack publié dans : INVASION
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