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APA-N’Djaména Le Tchad est secoué, depuis le week-end dernier, par un conflit d’un autre type, des individus se réclamant de l’Islam et retranchés dans la localité de Kouno, dans le sud du Tchad, y ayant ouvert des hostilités, qui se sont soldées par la mort de 66 personnes, selon le Ministre de l’Intérieur, Ahmat Bâchir. L’autorité tchadienne a expliqué, lors d’une conférence de presse, mercredi en fin de matinée à N’Djaména, que le maître d’une école coranique, le Cheikh Ahmat Ismael, avait commencé, « depuis quelques semaines », à prêcher le jihad, « contre les chrétiens et les non musulmans », qualifiés d’infidèles. L’établissement d’enseignement religieux est à 4 km de la ville de Kouna, à 300 km au sud-est de la capitale. Selon le ministre, c’est « en vain » que les autorités auraient tenté de « ramener à la raison », le maître coranique, qui disait ne communiquer « qu’avec le prophète Mahomet et Allah ».. Samedi dernier, une délégation gouvernementale comprenant les conseillers du Président de la République et le Médiateur national, s’est rendue sur place, pour les besoins d’un retour à la raison. Quatre membres de cette même délégation se retrouveront pris en otages par le maître des lieux, a encore révélé le ministre tchadien de l’Intérieur. Les hostilités auraient alors été ouvertes par les disciples du Cheikh, qui ont attaqué, dimanche, un poste de gendarmerie à l’entrée de la ville de Kouno. Les combats qui s’en suivent, se soldent pas 66 morts, dont quatre parmi les forces de l’ordre, a ajouté Ahmat Bâchir, qui parle aussi de 53 personnes grièvement blessées. Les disciples du Cheikh auraient également détruit 158 maisons et 4 églises. Leur maître a été arrêté, ainsi que huit de ses lieutenants, indique la source officielle... Dans une déclaration à la radio nationale tchadienne, le ministre de la justice Jean Alingué a promis « un châtiment exemplaire » au Cheikh et à ses disciples. Depuis 15 ans, de nombreux prédicateurs, adeptes d’un islam rigoriste, pullulent au Tchad notamment au sud et au sud est du pays, où ils ont régulièrement mis à mal la cohabitation entre Chrétiens et musulmans. Il y a dix ans, à Moundou, principale ville chrétienne au sud du Tchad et capitale économique du pays, des intégristes musulmans avaient saccagé des centres chrétiens, mettant la ville au bord d’affrontements interreligieux. Au Sud Est et dans le reste du pays, majoritairement islamisés, ces musulmans d’un autre genre, se manifestent par une agressivité à l’endroit de leurs propres co-religionnaires, qu’ils traitent de mécréants. Cette expansion de ce nouvel islam se manifeste par la présence de plus en plus visible dans les villes, de femmes vêtues tout de noir, de la tête aux pieds et des hommes à la barbe touffue. |
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