Après les sorties (privées mais filmées par une caméra pirate) de Barack Obama sur
l’électorat ouvrier blanc, Hillary Clinton, acusée un moment de vouloir racialiser le débat, ne pouvait manquer une telle brèche offerte par son jeune rival démocrate dans la course à
l’investiture.
Pour rappel, week-end dernier lors d'une réunion de collecte de fonds à San Francisco où les médias n’étaient pas invités, Barack Obama a dit en substance ceci : "vous allez dans certaines
petites villes de Pennsylvanie où, comme dans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n'ont été remplacés par rien d'autre ... et il n'est
pas surprenant qu'ils deviennent pleins d'amertume, qu'ils s'accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment
d'hostilité envers les immigrants", ce [ils] renvoyant a priori aux électeurs blancs. Dans l’absolu, les propos du sénateur de l’Illinois seraient-ils faux ? Quand un homme ou femme qui a
travaillé dur perd son emploi, ne risque-t-il pas de se tourner vers des bouées de salut comme la religion voire pour certains considérer l’immigré comme la cause de ses problèmes ? Cela se
vérifie tous les jours en occident et le dire fait-il de quelqu’un un élitiste ? Ce qui est sûr, au vu du combat serré avec une Hillary Clinton qui n’a pas hésité dans les derniers mois à flirter
avec la fibre raciale selon certains, les propos de Barack Obama, dans notre monde du si politiquement correct, ne pouvaient plus mal tomber !
Mais, à bien écouter les propos de Barack Obama, on cherche en vain cette insulte qu’il aurait fait à l’électorat blanc moyen. Mais voilà, Barack Obama mène la course, et 22 avril, les primaires
de Pennsylvanie vont être capitales pour Hillary Clinton. Quelle plus belle opportunité que celle-là, d’amener le débat dans un domaine glissant et Obama de facto se retrouve accusé d’élitisme et
de mépris envers l’Américain moyen. Bien sûr, les mots qui font peur comme « racisme anti-blanc » n’ont pas été prononcés, mais au vu de cette polémique, il faudrait être aveugle pour ne pas voir
ce qui est en jeu : un candidat métis, le premier qui a de fortes chances de devenir le premier président non-blanc du pays, aurait été condescendant envers des
électeurs blancs !
Comme déjà avec la polémique sur son pasteur, Barack Obama n’a pas tardé à réagir. Dimanche, il a accusé le camp Clinton et McCain d'avoir joué sur ses mots à des fins politiques, et d’avoir mal
interprétés ses mots. Barack Obama a aussi à maintes reprises dit à quel point il regrettait l’usage de certains mots, mais pour certains, ce n’est pas assez, il semble qu’il faille exploiter au
maximum ce filon providentiel pour écorner l’image du sénateur de l’Illinois.