Louis Schweitzer, président de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations), obligé de poursuivre
Louis Schweitzer, ancien PDG de Renault, pour discrimination raciale ? Avouez que la scène mériterait l'oscar du ridicule ! C'est pourtant ce qui aurait pu se passer. Le 2 avril
dernier, la cour d'Appel de Versailles a en effet condamné le constructeur automobile pour discrimination raciale envers deux anciens salariés. Les carrières de Lucien Breleur,
électricien automobile, et Daniel Kotor, ouvrier spécialisé puis agent administratif, tous deux noirs, n'ont pas suivi la même évolution que celles de leurs collègues blancs, sans
aucune raison valable, ont estimé les magistrats. Avant de conclure à la discrimination raciale en s'appuyant, notamment, sur des témoignages évoquant les insultes racistes (« singe »
ou encore « bougre de nègre ») dont Daniel Kotor était l'objet de la part de sa hiérarchie. Or, ces faits se sont déroulés alors que Louis Schweitzer était PDG de Renault. Un comble
!
La discrimination : plus on la cherche, moins on la trouve
Dans la même veine absurde, toujours le mercredi 2 avril, le Canard Enchaîné révélait les gros dysfonctionnement du testing géant réalisé par
Jean-François Amadieu, membre du comité consultatif de la Halde et président de l'Observatoire des discriminations, pour le compte de la Haute autorité. Avec un budget pharaonique de
570 000 €, cet ambitieux testing sur la discrimination à l'embauche vise 20 grandes entreprises - telles Bouygues, Accor, Total, Lagardère, etc. Cinq mille six cent faux CV ont été
envoyés, 300 lignes téléphoniques avec répondeur ont été ouvertes pour recevoir les réponses des entreprises. Résultat : l'étude montre que dans certaines sociétés, les CV bronzés ont
50% de chances de moins d'obtenir un rendez-vous que leurs homologues blancs. Seulement voilà : si les entreprises n'ont pas répondu aux CV, ce n'est pas par racisme, mais parce que
certains courriers ne sont jamais arrivés, d'autres étaient mal rédigés ou ne correspondaient pas aux offres. Parfois encore, c'est le numéro de téléphone indiqué dans la candidature
qui était faux. Quand ce n'étaient pas les réponses favorables des sociétés qui étaient répertoriés comme des fins de non recevoir… Bref, ça la foutait mal.
A tel point que, face à la grogne des entreprises injustement taxées de discrimination, le service juridique de la Halde a décidé de faire intégralement re-vérifier les résultats du
testing (qui a déjà coûté 400 000€) avant leur publication prévue pour la fin du mois… Au final, que nous montrent ces deux affaires ? Que la discrimination, c'est comme le sucre dans
le lait chaud, comme disait Coluche : elle est partout et on ne la voit pas, et plus on la cherche, moins on la trouve!