Samedi 19 avril 2008

 

"Adieu ma France... Tu n’es plus celle que
j’ai connue, le pays du respect des valeurs,
de l’hymne et du drapeau, le pays de la fierté
d’être français. Adieu ma France des trafics
en tous genres, du chômage, de l’islamisme,
de la polygamie, du laxisme, de la permissivité
, de la famille décomposée... Adieu ma France
réduite à l’état d’urgence,
ma France déconstruite, en guerre avec
elle-même. Je veux, néanmoins, demeurer
optimiste et croire en ton sursaut.
Mais qui te sauvera ?

Le livre testament du général Bigeard

(...)Un homme qui saurait se mettre tout entier à son service, sans
magouille
, sans en retirer pour lui-même le moindre profit,
mais qui se donnerait entièrement, et de façon désintéressée,
au sauvetage du pays, à la relance de la France."


Extrait de « Adieu ma France », du général Bigeard,
Editions du Rocher
 
Constitution européenne

Ce texte, j’ai voté contre, parce qu’à mes yeux il ne répond pas à
l’attente des citoyens de l’Union européenne. Je revois Chirac et
Schröder, se tenant la main, se congratulant d’être les leaders de
l’Europe. Or la France et l’Allemagne étaient malades.
L’association de deux malades n’a jamais donné la santé !

Turquie

Pour moi, la Turquie est le prochain enjeu majeur de l’islamisme.
La Turquie est une puissance en partie européenne, qui souhaite
s’intégrer très rapidement à la construction politique qui lie vingt cinq
États du Vieux Continent.

La Turquie, le rêve inespéré de tout islamiste. À contaminer de toute
urgence ! Les grandes manoeuvres ont d’ailleurs déjà commencé.
On le sait, le parti au pouvoir à Ankara se définit comme
« islamiste modéré ». Je ne vois pas très bien en quoi consiste un
islamisme qui serait « modéré », mais enfin passons.

La Turquie, c’est le cheval de Troie du fondamentalisme pour tenir
l’Europe sous sa coupe, pour faire peser sur notre continent une épée
de Damoclès tellement efficace que les Européens préféreront une
assimilation, lente et sournoise, à un combat qui ne semble plus à
leur hauteur. Voilà pourquoi je m’oppose résolument, totalement,
absolument à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne et
même à l’ouverture de négociations allant dans ce sens.

Parlons en, des « négociations » !

J’aimerais que l’on m’explique comment « négocier » avec un pays
qui se refuse à reconnaître officiellement l’un des États membres
de l’organisation dans laquelle il aspire à entrer. Je veux parler de
Chypre, bien évidemment. Comment négocier avec un État qui se
refuse tout aussi obstinément à reconnaître ses responsabilités dans
 le génocide qui décima les Arméniens en 1915 ? Et comment
négocier avec un pays qui, le plus officiellement du monde, déclare
qu’il entend rejeter l’héritage laïc d’Atatürk, le fondateur de la
Turquie moderne, pour lui substituer une constitution fondamentaliste
 ? Quand on me dit que la Turquie est « mûre » pour rejoindre
l’Europe, cela me fait bondir.

L’Europe, je le crains, paiera très cher son aveuglement. Il est temps
, grand temps d’arrêter de jouer avec le feu. Et plus largement,
prenons toutes les mesures d’urgence pour arrêter ce cancer de
 l’islamisme qui gangrène le monde.

Islamisme

Oui c’est sérieux ! Très sérieux même, car le voile n’est qu’une
étape, la
première, pour imposer à la France, comme à tous les pays
occidentaux, des conceptions qui sont radicalement étrangères à
notre identité, à notre histoire et à notre culture.

On commence par le voile puis on risque de finir par accepter que
certaines femmes adultères soient lapidées. À ce rythme on tolérera
un jour la polygamie et, pourquoi pas, l’excision ! Eh bien, je prends
le pari qu’en France, d’ici quelques années, les idolâtres du
politiquement correct feront passer pour un acte de racisme
insupportable le fait de refuser à des musulmans français ou vivant
en France de s’adresser à des tribunaux religieux, appliquant un
droit à la fois moyenâgeux et inhumain.

Immigration

Si un immigré a, bien entendu, des droits, il a aussi des devoirs et
l’immigré qui ne veut pas s’intégrer à la culture de son pays d’accueil
 ne fait que scier la branche sur laquelle, pourtant, il veut s’asseoir.
Je reviens sur ma consternation le soir du deuxième tour de l’élection
présidentielle de 2002, lorsque j’ai vu une cohorte de jeunes des
banlieues, issus de l’immigration maghrébine, brandir et agiter
fièrement,
place de la République, devant le couple Chirac, des drapeaux
algérien et
marocain.

Je reviens sur cet événement car cette image, en quelque sorte,
résume tout. L’oubli du patriotisme et la disparition de l’identité
française. Le danger que fait peser sur l’avenir de notre pays le refus
de s’intégrer de millions d’immigrés, ou de leur progéniture.
La perte de prestige moral d’une fonction dont le titulaire devrait
pourtant être au dessus de tout soupçon. Et aussi, bien sûr, la
confusion des valeurs dans un pays qui va à vau l’eau, que plus rien
ne structure de manière cohérente, qui semble ne plus avoir d’avenir
en tant que nation.

Je reviens également sur l’ascendant que prend, chaque jour un peu
plus, l’islam dans notre pays, mais surtout l’islamisme. Qui aurait pu
prévoir cela dans ma jeunesse ? Qui aurait imaginé le bouleversement
 de notre nation ? La nation est, pour moi, une idée essentielle,
fondatrice dans la vie en commun d’un pays. On bâtit un État à
partir d’un sentiment national, partagé par les habitants du pays
considéré.

Terrorisme islamiste

Arrêtons-nous encore sur le problème du terrorisme islamiste :
L’Europe, l’Europe des 25, croit être une forteresse imprenable,
tellement bien défendue qu’aucun danger ne peut la menacer.
Elle est fière de sa puissance économique, de sa richesse, du niveau
de vie de ses habitants, de ses institutions politiques, des
démocraties qui fonctionnent plutôt bien, même si évidemment
beaucoup de choses sont perfectibles.

Eh bien l’Europe, ce colosse aux pieds d’argile, ce « tigre de papier »
 comme diraient les Chinois, se trompe. Elle est en guerre, déjà,
mais elle ne veut pas le voir, elle ne veut pas le savoir. Elle se croit
protégée, prémunie contre toute attaque et refuse de se confronter
à la réalité des faits.

Or cette réalité, c’est qu’elle est encerclée, infiltrée. Une guerre
sournoise de subversion souterraine s’insinue un peu plus chaque
jour. Pour ne pas en être conscient, il faudrait être aveugle ou
stupide. Faut il rappeler le nombre de réseaux islamistes qui trouvent
 en Europe des bases arrière accueillantes et complaisantes ? J’en ai
déjà parlé dans certains chapitres précédents. Et si j’aborde à
nouveau ce thème en fin de livre, c’est pour bien insister sur
l’ampleur de ce danger car j’ai souvent l’impression que les Français
ne veulent pas y prêter attention. Un peu la politique de l’autruche :
on ne veut pas regarder en face, la menace qui plane.

Repentance

La France est la risée du monde entier. Et parmi nos attitudes, pour
le moins discutables, parmi les nombreuses « repentances », comme
 on jargonne aujourd’hui, la plus récente vaut le détour.

C’était à Madagascar, un pays que je connais bien pour y avoir vécu
lorsque je commandais les forces françaises de l’océan Indien. En
visite officielle dans ce pays, en juillet 2005, Chirac a présenté les
excuses de la France pour la répression musclée de l’insurrection de
1947, répression que je me refuse à qualifier de « massacres ».
Cela donnait, dans le texte : « Il faut évoquer les pages sombres de
notre histoire commune et avoir conscience du caractère inacceptable
 des répressions engendrées par les dérives du système colonial. »

Mais pourquoi aller se coucher comme ça, alors que tout le monde
sait qu’il s’agissait d’une autre époque ? Pourquoi éprouver le besoin
de se repentir, quand les autres ne le font pas, quand les autres, de
plus, ne l’exigent pas et comprennent mieux la situation que nous ne
la comprenons nous mêmes ?

La réponse du président malgache Ravalomanana en est la meilleure
preuve : « C’est du passé. Je suis né en 1949, et non en 1947. Je
pense à l’avenir. Ce n’est pas une source de blocage pour travailler ensemble. » (...)

Réagir

Alors, la France est elle prête à l’affrontement ?

J’ai bien peur que non. Et cela pour plusieurs raisons. La toute
première, c’est que la France n’est plus une société homogène et
structurée. Le corps social du pays n’est plus sain. Qu’est ce qu’un
corps social sain ? Une population qui sait conserver la mémoire du
passé et des combats collectifs qui ont été menés. Ce n’est plus le cas
de notre pays. La transmission ne se fait plus et les commémorations
 les plus solennelles font plutôt rire qu’autre chose.

Qu’il s’agisse de la fête nationale, le 14 Juillet, ou du souvenir des
deux guerres mondiales, le 11 novembre et le 8 mai, de la guerre
d’Indochine, ou de celle d’Algérie, de moins en moins de Français se
sentent concernés.

Je souhaite vivre encore dans une société française fière de ses
racines et de sa spécificité. Et ce n’est pas une question de couleur
de peau. C’est une question d’état d’esprit, d’attitude. Aujourd’hui,
défendre l’identité française vous fait souvent suspecter d’être un
suppôt du Front national, ce qui n’est absolument pas le cas en ce qui
me concerne. J’ai du respect pour un Le Pen, tout comme pour Arlette
 Laguillier parce que tous deux sont adeptes de ma devise
« Être et durer » !

La seule protection réellement efficace qui vaille, c’est de sortir la France de son inertie, de sa surdité et de son aveuglement.

Je ne cesse de l’écrire tout au long de ces pages, la France est entrée
dans un processus de déliquescence. J’ai l’impression tenace que, si
le cours des choses ne change pas radicalement, le pays va à sa perte.
 Qu’il est en voie de désagrégation et que ce n’est pas son identité
seule qui est menacée, mais bel et bien jusqu’à son existence. Et je
le répète, sans craindre de lasser le lecteur,
la France va traverser
une crise très profonde, à la fois politique, économique et surtout,
morale.

C’est donc à un réarmement moral du pays que je veux
appeler en rédigeant ces pages, afin de conjurer la menace
qui risque de nous engloutir corps et biens. Je pourrais, sur
les affaires, rédiger des livres entiers. Mais en résumé, que
faut il retenir de ce constat ? Tout simplement que, pour sortir
 la France de sa torpeur, l’une des toutes premières conditions
 est de restaurer la morale publique dans le pays.

Morale publique sans laquelle rien ne peut être fait de durable, car
les Français n’ont plus confiance dans les hommes qui les gouvernent
 actuellement. Ils les prennent pour des margoulins et croient que ces
 responsables politiques pensent d’abord à eux, avant de se soucier du bien commun et du sort de leurs concitoyens.

Nos dirigeants doivent être des gens propres, irréprochables, ce ne
sera qu’à cette seule condition qu’on pourra au moins les écouter et
les prendre au sérieux.

La démission est allée trop loin, dans tous les domaines, pour que la
France n’ait pas besoin d’un choc salvateur, susceptible de lui
permettre de retrouver sa vraie vocation.


« Nous sommes dans la merde, mais ce n’est pas une raison
pour la remuer. » [ Marcel Bigeard ]

Bigeard toujours ... A (re)lire absolument :

J’ai mal à la France

Commentaires

Le 20 juin 2000, Louisette Ighilahriz, algérienne, membre du FLN,
accuse dans les colonnes du journal Le Monde, les généraux Massu
et Bigeard de l’avoir eux-mêmes torturée durant trois mois à la fin
de l’année 1957.

Ce témoignage va lancer un grand débat sur ce problème longtemps
 tabou de la pratique par l’armée française de la torture durant la
 guerre d’Algérie.

Le général Bigeard, figure charismatique de cette époque, mis en
cause personnellement, ne pouvait rester insensible à cette attaque.
Profondément blessé, il fait ici les mises au point qui s’imposaient.

Après avoir démontré le grotesque des accusations portées contre
lui, il nous explique comment la situation politico-militaire en Algérie
a conduit à ce que l’on a appelé la bataille d’Alger et nous donne sa
vision de la guerre subversive que les soldats français ont été
contraints de mener pour sauvegarder la population française et
algérienne.

Enfin, dans un dernier chapitre il nous livre, à quatre-vingt-cinq ans
, sa vision actuelle de son cher pays, ses espoirs et ses inquiétudes
 et nous explique pourquoi il a tellement « mal à la France ».
Ce
nouveau « coup de gueule » du premier soldat de France,
avec son célèbre franc parlé et l’autorité que lui confère sa
carrière exceptionnelle, ne peut que mettre un point final au
 déferlement médiatique auquel on assiste depuis quelques
mois.

"Extrait de la Guerre d’Indochine 1945-1954

 

par Philippe Héduy"

Citation du Général Bigeard

A cette époque où, selon mon indicatif radio, je devenais Bruno,
je ne savais pas encore que nous vivions les plus belles années de
notre vie. Les plus belles parce que les plus dures. Elles étaient aussi
les années les plus amicales, les plus orgueilleuses, et les plus
solitaires :

Les plus amicales parce que nous étions, à la vie, à la mort, entre
camarades ;

Les plus orgueilleuses parce que jamais autant nous n’aurions la fierté
de notre tenue et de notre uniforme.

Les plus solitaires enfin, parce que nous menions en des terres
lointaines un combat d’idéal, aussi ignoré de la métropole que celui
 des Croisés de la première croisade, il y a neuf cents ans, quand le
moine Bruno, mon saint patron à la guerre, fondait l’ordre des
Chartreux.

Oui, les camarades parachutistes, les solitaires parachutistes, les
orgueilleux parachutistes étaient alors portés par un destin semblable
à celui des Croisés ou à celui des moines, des moines guerriers, des
Templiers.

Et j’imagine que, nonobstant l’armure, les chevaliers du Temple
n’auraient pas été mécontents de sauter sur Jérusalem en arrivant
du ciel, comme nous allions le faire tant de fois, de la RC 4 à la Plaine
des Joncs, et de la Rue sans Joie à Ðiên-Biên-Phu.

Je crois que c’est en effet l’esprit - du moins un certain esprit, une
certaine idée de nous-mêmes - qui nous permettait de nous
manifester ainsi, au plus fort des combats. On sait contre quoi,
contre qui nous combattions : Contre un monde opposé à celui de
l’esprit. Et puis, il y avait en nous autant de secrète vigueur de venir
au feu en tombant du ciel qu’en parcourant des lieues à travers la
jungle, la rizière ou la montagne. L’esprit nous animait.

L’esprit, d’abord, du dépassement de soi. J’ai vu combien de garçons
de vingt ans, ou même de trente, s’agripper à la carlingue et sauter
dans l’inconnu mortel alors que, deux ou trois heures auparavant, ils
se trouvaient encore à Hanoï dans l’insouciance ou les plaisirs de
quelque lieu de détente ! Et j’en ai vu combien marcher sur la piste
jusqu’à l’épuisement ou courir à l’assaut jusqu’à la chute ! Je le dis :
une telle vigueur physique n’est pas possible sans une ardeur morale.
Jogging, certes, mais jogging avant tout du caractère et du courage.

Aller ainsi jusqu’au bout de soi, cela s’appelle l’abnégation, cela
s’appelle l’esprit de sacrifice, et cela signifie que l’on défie la mort en
combat singulier, la mort qui est autour de nous tous. Je les salue,
mes camarades parachutistes qui l’ont rencontrée sans peur. Leur
mort est à jamais notre mérite.

L’esprit d’équipe ensuite, l’esprit de camaraderie. On dira peut-être
esprit de caste, de clan, de corps. Soit, si cela veut dire que l’on a la
volonté d’être les meilleurs et que cela ne vous est pas donné par
quelque grâce d’état ou d’uniforme.

Oui, nous osions espérer être les meilleurs, mais les meilleurs
parmi nos égaux, nos frères d’arme. Et, s’il y a caste du combat,
clan de guerriers, si le parachutiste veut encore être aujourd’hui ce
primus inter pares, c’est surtout à l’Indochine que nous le devons.
Après la Bretagne ou la Hollande, avant Suez ou Timimoun, et aussi
avant Kolwezi, il y eut l’Indochine : That Khé, Tu Lé ou Ðiên-biên-phu
furent les creusets où se forgèrent l’esprit, la geste et la chevalerie
parachutistes.

Esprit français enfin. Cet esprit para qui devait jaillir du ciel d’
Indochine, comme une corolle, a-t-on remarqué qu’il était
particulièrement représentatif de ce que le soldat français a toujours
eu de meilleur en comparaison de tous les autres ?

L’astuce et la fougue, l’audace et la furia francese, l’intelligence du
combat, le sens du terrain, le flair du danger, le goût de la manœuvre
, la souplesse de l’approche, tout cela qui rend le parachutiste français
 le plus para des aéroportés, là aussi ce primus inter pares parmi nos
camarades du monde entier, tout cela naquit de la guerre d’Indochine.

J’ai souvent dit ou écrit, il faut « être et durer » ou encore « faire un
pas... encore un pas » et savoir repartir à zéro.

Le vieux soldat que je suis devenu essaie de continuer à servir en
puisant certes dans son passé, mais en ayant le regard fixé sur ce
que pourrait être demain, et où là comme ailleurs les paras qui furent
toute ma vie sauront défendre une liberté
qui n’a pas de prix.

Marcel BIGEARD

par joeblack publié dans : France
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