Abou Mazen
Evoquant le conflit israélo-palestinien et son refus de négocier avec le Hamas ou
avec le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui entendent, selon lui, "rayer Israël de la carte", Nicolas Sarkozy confie en revanche au journaliste Vincent Hervoüet qu’il "souhaitela
réussite d'Abou Mazen". Etrange utilisation de l'ancien nom de guerre de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, alors que c'est son rôle dans les négociations de paix entre
Israël et la Cisjordanie qui est souligné. Simple lapsus? Surprenant néanmoins car Abou Mazen est d’ordinaire le nom employé par les Palestiniens et non par la communauté internationale.
La Turquie
Le président a réaffirmé son opposition à l'entrée de ce pays dans l'Union européenne. Sarkozy a indiqué qu'il "ferait un
référendum" si "la question se posait". Un argument qui devait soulager les fervents opposant à l'arrivée de la Turquie dans l'UE. Rappelons que le principe d'automaticité de référendum pour
toute future adhésion dans l'Union ( l'article 88-5 de la Constitution) doit être supprimé à l'occasion de la prochaine réforme des institutions, justement souhaitée par le président. Or, selon
le commissaire européen à l'élargissement, le Finlandais Olli Rehn, la question de l'entrée de la Turquie dans l'UE ne devrait pas se poser concrètement avant "10 ou 15 ans". Soit après la fin
d'un éventuel deuxième mandat de Nicolas Sarkozy. En clair, Sarkozy se pose en garant auprès des opposants à l'entrée de la Turquie alors qu'il ne sera vraisemblablement plus là lorsque
le problème du référendum se posera.
Immigration
A propos des sans-papiers salariés, le chef de l'Etat commet la plus importante ‘bourde’ de son
intervention. Mentionnant son ministre de l'immigration, Brice Hortefeux, il déclare: "Il va examiner ces dossiers pour voir ceux qui méritent leur
régularisation. On ne devient pas français uniquement parce qu'on a un travail dans la cuisine d'un restaurant, aussi sympathique soit-il", insiste-il. Il confond alors deux notions pourtant
bien distinctes: régularisation et naturalisation (voir l’édito vidéo de Christophe Barbier). Formulation d’autant plus hasardeuse que l’on pourrait y lire, entre les lignes, une adresse à l’électorat de la droite
dure.