Je ne clamerai pas cette victoire car on n'en fait l'echo dans les médias que sur les tons habituels de
xénophobie mais j'applaudis des deux mains les électeurs italiens qui ont montré par là leur désaprobation de voir leur pouvoir d'achat et leur vie de tous les jours régis par une préférence
non nationale clairement affichée, comme en France. Après d'autres nations, les italiens ont montré "qu'ils en avaient" en rejetant le cancer de l'immigration. Pourquoi pas nous?
JB.
"En perçant de 4,5 % à 8,1 %, la Ligue du Nord (LN) est apparue comme la formation gagnante des
élections de dimanche et lundi derniers. Dans le Nord, la - formation séparatiste d’Umberto Bossi parvient à prendre des voix à son allié le Peuple des libertés (PDL) de Silvio Berlusconi.
Selon l’Institut Cattaneo, elle gagne au Nord 1 421 273 voix, alors que le parti berlusconien PDL en perd 831 309. Mieux, elle élargit son influence territoriale en réalisant 7,1 % des
suffrages dans l’ex-région rouge d’Émilie-Romagne et passe à 26 % en Vénétie et 20 % en Lombardie.
Ce renforcement du parti xénophobe, qui, depuis 1983, réclame l’indépendance, ou tout au moins plus d’autonomie pour le nord de l’Italie, qui serait « pillé par Rome la voleuse », coupable de redistribuer trop largement les richesses de la région vers le sud, a remis en selle la « question septentrionale ».
La Padanie, nom donné par Umberto Bossi à l’ensemble des provinces nordiques en mal de sécession, a rejoint le groupe de plus en plus remuant de ces régions riches d’Europe qui réclament désormais plus d’autonomie au nom de l’application du principe de compétition, au coeur du dogme libéral de l’actuelle construction de l’UE. Toutes ces provinces, comme la Catalogne, la Flandre ou le Pays Basque, entendent réduire leurs versements à l’État central, au détriment bien entendu des solidarités nationales. Mais le parallèle s’arrête sans doute là. Car l’identité padane ne repose sur rien, sinon sur un travail d’élaboration de celle-ci par la Ligue du Nord…
La Ligue a réussi à séduire en tenant un discours très libéral-populiste. Au-delà des diatribes contre l’immigration, elle a su anticiper la crise des grands partis politiques (DC, PCI, PSI) et pu prospérer en critiquant « la partitocratie » et « l’establishment ».
Les dernières enquêtes montrent que la LN est parvenue à capter une bonne partie de l’électorat populaire, mais aussi de la bourgeoisie, si bien que le quotidien économique Il Sole 24 Ore la définissait mardi comme un parti territorial, à l’image de la CSU en Bavière. Jouant sur le ni droite ni gauche, la Ligue a réussi à faire fonctionner l’idée d’un rassemblement de producteurs de richesses spoliés par les partis, l’État et la bureaucratie, peuplés de fonctionnaires venus du Sud.
En fait, la Ligue du Nord a fait son fonds de commerce des inefficacités de l’État - central, qui entraveraient le - dynamisme économique du nord du pays. « En Espagne, il y a 279 km d’autoroutes pour un million d’habitants. En Italie 144, et en Lombardie 61 », se plaint ainsi le responsable léguiste Roberto Castelli.
Le parti est parvenu à - imposer ses thèmes de campagne. Les infrastructures et la débureaucratisation de l’État ont été parmi les principaux sujets abordés par Walter Veltroni et Silvio Berlusconi.
Menaçant ouvertement l’unité de l’Italie, la Ligue du Nord est déterminante pour la majorité de Silvio Berlusconi. Umberto Bossi faisait monter hier les enchères pour obtenir des ministères clés. Première traduction de la redoutable influence acquise par la Ligue : un arsenal de mesures anti-immigrés a été annoncé par Berlusconi. Et le nouveau président du Conseil a décidé, dès mardi, de ressusciter la loi Bossi-Fini*, si restrictive en matière d’immigration."
Gaël De Santis