Mardi 17 juin 2008

SOKODE (AFP)

Arrivé vendredi au Togo par le nord, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a animé samedi un meeting islamique à Sokodé, au centre du pays, avant de se rendre à Lomé par la route, bains de foule et serrage de mains au programme.

A Sokodé (375 km au nord de Lomé) le numéro libyen n'a pas parlé politique mais a seulement prêché l'islam et dirigé une prière devant plus de 8.000 personnes au stade de la ville.

Le président togolais Faure Gnassingbé, ainsi que le Premier ministre Komlan Mally, tous deux chrétiens, ont assisté à la prière.

"Ceux qui campent sur une religion autre que l'islam sont dans l'erreur. L'islam évolue comme la dernière religion et le dernier message du ciel", a notamment affirmé le Guide de la révolution libyenne.

"C'est pourquoi des centaines de millions d'âmes de par le monde embrassent la foi islamique sans contrainte (...) malgré l'infidélité et l'oppression des adversaires et ennemis de l'islam", a poursuivi Mouammar Kadhafi.

Le prêche n'a duré qu'une dizaine de minutes et le numéro libyen s'est ensuite rendu au centre du terrain pour la grande prière.

Debout sur son tapis, M.Kadhafi, entouré d'une trentaine de gardes de corps a récité le Coran pendant une vingtaine de minutes.

Faure Gnassingbé, de confession protestante, a suivi depuis la tribune.

Mouammar Kadhafi a ensuite pris la route pour Lomé dans un cortège d'une cinquantaine de "4X4".

Entre Sokodé et Lomé, des grappes de gens étaient massées le long du parcours avec des pancartes à l'effigie de M. Kadhafi ou de banderoles sur lesquelles on pouvait lire: "Kadhafi, l'architecte des Etats Unis d'Afrique".

En chemin, le numéro libyen, toujours entouré de gardes de corps, s'est arrêté plusieurs fois pour serrer des mains lors de bains de foule. (Comme Sarko Ier...)

"Je suis ravi de voir cet homme dont j'ai souvent entendu parler sur les grandes radios", se réjouit un conducteur de taxi-moto d'Atakpamé, à 210 km au nord de Lomé.

"Allah o akbar (Dieu est le plus grand), s'époumonne une sexagénaire à Tsévié, à 35 km de la capitale.

A force de s'arrêter partout, le cortège a pris du retard sur l'horaire officiel, et la cérémonie de signature de convention entre le Togo et la Libye a dû être reportée à dimanche.

Dimanche matin, Mouammar Kadhafi devait animer un deuxième meeting au stade de Kégué de Lomé, le plus grand stade du pays d'une une capacité de 30.000 places.

Il quittera Lomé lundi matin pour Cotonou pour le sommet de la Communauté des Etats sahélo-sahariens" (Cen-Sad).

Dans le nord du Togo, le dirigeant libyen a déposé une gerbe une gerbe sur la tombe du général Gnassingbé Eyadéma, décédé en février 2005, après 38 ans à la tête du Togo, et a participé à une partie de chasse (à l'homme blanc...JB.) au parc de Sarakawa (environ 450 km au nord de Lomé).

par joeblack publié dans : Afrique noire
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Dimanche 20 avril 2008


















Après la crise financière, les médias s’emparent des émeutes de la faim en Afrique. Le Président Sarkozy en appelle à notre conscience pour verser un tribut supplémentaire dans le puits sans fond de l’aide au continent noir. Que Mr Sarkozy se rassure: notre conscience est en paix mais notre raison s’insurge contre les informations absurdes dont elle est abreuvée.
Une fois de plus, il faut donc opposer les chiffres aux mensonges (1).

On nous répète que l’augmentation des prix agricoles (riz, blé, huile etc.,) résulte d’une pénurie de l’offre liée à de mauvaises récoltes, au recours aux bios carburants et à l’extension de l’élevage pour répondre aux changements alimentaires des classes aisées des pays émergents. En revanche, nul ne songe à invoquer la croissance incontrôlée de la population qui explique la hausse de la demande. Par exemple, l’Afrique comptait 224 millions d’habitants en 1950. Sa population s’élève aujourd’hui à 922 millions et devrait atteindre 2 milliards en 2050.
La population africaine aura donc été multipliée par 9 en un siècle.

Cette croissance exponentielle s’explique par le faible recours au planning familial. Le pourcentage de femmes mariées pratiquant la contraception s’élève à 14% en Afrique contre 83% en Chine. Ce retard a des causes idéologiques et religieuses: dans toutes les conférences internationale, les pays du tiers monde entraînés par l’Algérie se sont constamment opposés aux résolutions recommandant le planning familial. Les leaders du tiers monde prétendaient en effet que le contrôle des naissances était le fruit d’une conspiration des occidentaux visant à réduire la puissance du continent africain en limitant sa population.
Le thème de la surpopulation est donc devenu nauséabond et raciste et c’est pourquoi plus personne n’en parle au nom du politiquement correct (2).

En dépit de cette démographie délirante, les immenses potentialités de l’Afrique, si elles étaient bien gérées, pourraient nourrir sa population. La hausse des prix des matières premières agricoles devrait d’ailleurs favoriser l’augmentation de la production en offrant des prix plus attractifs aux petits paysans africains (3). Malheureusement, les gouvernements locaux dilapident les ressources nécessaires à l’achat de semences, d’engrais et d’outils et découragent les paysans en refusant de leur donner les titres de propriétés des terres qu’ils cultivent. De plus, en Rhodésie comme en Afrique du sud, tout est fait pour chasser les fermiers blancs qui assuraient l’essentiel de la production moderne.

Les potentats locaux et les intellectuels qui les représentent sur nos plateaux de télévision se moquent comme d’une guigne de la misère de l’Afrique. L’aide internationale qui sera collectée n’ira pas à Dakar ou à Nairobi. Elle prendra la direction du lac Léman. Ce n’est pas nouveau. Cela dure depuis l’indépendance.
Les africains portent donc l’entière responsabilité des maux qui les affligent. Ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes.

Gérard Pince

1- Chiffres des Nations unies :
http://www.un.org/esa/population/unpop.htm Pour prendre une vue globale des problèmes démographiques, se reporter à : http://www.freeworldacademy.com/globalleader/population.htm
2-Il est tellement plus commode d’invoquer les responsabilités des blancs. Il est vrai que la colonisation a favorisé la croissance de la population en réduisant la mortalité infantile grâce à des campagnes massives de vaccinations obligatoires et gratuites.
3- Cette situation devrait aussi mettre un terme à la complainte de la “baisse tendancielle du prix des matières premières” sujet favori des thèses soutenues par les étudiants africains de passage au quartier latin.

par joeblack publié dans : Afrique noire
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Samedi 29 mars 2008

Les sympathisants du Mouvement pour le changement démocratique (jeudi près de la capitale, Harare) se sont inquiétés pendant la campagne de conditions peu « favorables à des élections libres et équitables ».
Les sympathisants du Mouvement pour le changement démocratique (jeudi près de la capitale, Harare) se sont inquiétés pendant la campagne de conditions peu « favorables à des élections libres et équitables ». Crédits photo : AFP

Voilà pourquoi je suis contre l'aide aux "pays en voie de développement":
JB.

Au pouvoir depuis vingt-huit ans, le président Robert Mugabe a pour principal bilan une situation économique catastrophique.

«Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme». La célèbre loi de conservation de la matière a toujours un sens au Zimbabwe. Depuis les dernières élections de 2002, la scène politique n'a pas beaucoup évolué à Harare.

À 84 ans, le président Robert Mugabe brigue dans un ultime effort un sixième mandat face au chef de l'opposition et à un ancien ministre dissident… Mais si ces élections ont des allures de déjà vu, le scrutin présidentiel, législatif et municipal de ce samedi pourrait quand même mener au changement. «S'il n'y avait qu'un opposant, il aurait beaucoup plus de chance de battre Mugabe. À deux, les chances sont moindres», explique Steven Gruzd, chercheur à l'Institut sud-africain des affaires internationales (SAIIA). «Non, c'est le parti au pouvoir qui va être divisé. La candidature de l'ancien ministre de Mugabe ne peut qu'éparpiller les voix du gouvernement, donnant l'avantage à l'opposition», renchérit de son côté l'analyste zimbabwéen John Makumbe. Si les analystes n'arrivent pas à se mettre d'accord, c'est que le plus vieux président d'Afrique affronte au nom de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF) deux candidats de poids. (voir les portraits de Morgan Tsvangirai et Simba Makoni)

La bataille du «camarade Bob» sera d'autant plus difficile que le héros de l'indépendance aborde l'élection dans un contexte morose. Le bilan économique est catastrophique. Le tiers des 13 millions d'habitants a quitté le pays et ceux qui restent dépendent de l'aide alimentaire. L'inflation dépasse 100 000 %. Le monde industriel tremble face aux menaces de nationalisation. «Les Zimbabwéens vivent avec moins de 10 euros par mois. C'est devenu tellement difficile ! Même dans les campagnes, le parti au pouvoir a perdu de son autorité. Les responsables locaux viennent quand même régulièrement menacer nos travailleurs pour les obliger à voter Mugabe», explique Heinrich Von Petzhold, propriétaire d'une ferme à tabac dans le centre du pays.

«Les conditions ne sont pas favorables à des élections libres et équitables. Nos sympathisants sont toujours harcelés et la police utilise ses armes pour nous intimider», a confirmé Tendai Biti, secrétaire général du MDC (opposition). Amnesty International a critiqué des manœuvres d'intimidation. À l'étranger, les États-Unis ont dé­noncé la présence des forces de l'ordre dans les bureaux de vote, officiellement pour aider les handicapés et les analphabètes. Cette décision fait partie «des irrégularités», mentionnées par Washington, qui craint «que du fait des actions du gouvernement zimbabwéen, des élections libres et équitables ne soient exclues».

Couverture médiatique limitée

Mais les inquiétudes pèsent surtout sur les manipulations électorales. L'opposition se de­mande pourquoi le gouvernement a fait imprimer 9 millions de bulletins de vote alors que le Zimbabwe n'a même pas 6 millions d'électeurs. Même doutes sur le vote des Zimbabwéens de l'étranger. Seulement 20 000 diplomates sont officiellement autorisés à voter alors que plus de 600 000 bulletins de vote auraient été imprimés. Enfin, tout le monde s'étonne du fait que 75 000 militaires aient déjà voté la semaine dernière par correspondance…

Ces accusations de fraude ont provoqué la colère du président zimbabwéen. «Vous n'arrêtez pas de mentir sur le fait que les élections sont truquées, a-t-il lancé à l'adresse de ses rivaux lors d'un meeting électoral dans la région de Nyanga (est). Ce sont des mensonges empruntés à vos maîtres (…). Ce ne sont que de satanés menteurs, des menteurs démoniaques !», a-t-il dit.

Mugabe accuse régulièrement ses opposants d'être des agents des Occidentaux, les Britanniques en tête, qui selon lui cherchent à le renverser. Cette année, il n'a laissé entrer aucun observateur de l'Union européenne, des États-Unis et du Commonwealth, seulement ceux originaires du continent africain ou de pays amis comme la Russie, la Chine ou l'Iran. Même les médias ont été victimes de cette paranoïa. L'As­sociation des correspondants étrangers d'Afrique australe (FCA-SA) a dénoncé le fait que ses membres se soient heurtés à «un refus presque général d'accréditation». De grands médias, tels que la BBC, Cable News Network (CNN), l'agence Associated Press (AP) et le New York Times ont vu leurs demandes refusées.

Quels que soient les résultats de ce scrutin, la police zimbab­wéenne s'est dite prête à faire usage de la force pour empêcher toute manifestation prématurée de victoire. Elle tolérera sans doute encore moins les manifestations des mécontents. «Pas question d'un scénario à la kenyane», assurent les autorités d'Harare comme si les ingrédients de cette élection étaient finalement assez inquiétants.

Source: Le Figaro

     
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Dimanche 27 janvier 2008

 
L'AS DE LA SEMAINE
 
   
Une monarchie dans un Etat démocratique, cela est possible. Et il en existe au Sénégal. Dans le département de Oussouye

 

Sa Majesté Siculumbaï Diédhiou est roi d’Oussouye. Dans son royaume, on l’appelle familièrement, «Man» ou «Sa Majesté». En pays diola, Siculumbaï veut dire «d’où vient-il ?» Dire que ce nom original et atypique est tout un symbole. Il garde encore son mysticisme dans cet univers païen. Sa Majesté est un Roi animiste. Il règne depuis bientôt six ans. A la suite du décès de son père, l’actuel Roi, Siculumbaï Diédhiou a été intronisé précisément le 17 janvier 2001.

Dans ce royaume situé à trente kilomètres au sud de Ziguinchor, on y conserve encore tout le cérémonial lié à la royauté. La Cour garde encore son protocole. Un sexagénaire tout zélé annonce les visiteurs auprès du Roi. Par un chemin sinueux, il s’engouffre dans un bois situé au cœur de la capitale départementale. En cette matinée de mi-juin, une vingtaine d’enfants accueillent les touristes. Ils sont, pour la plupart, des «orphelins à la charge de sa majesté».

Cinq minutes plus tard, le «valet» revient pour inviter les hôtes du roi à le suivre dans le bois se présentant comme un bunker qui protège le Quartier général (Qg). «Man» accepte de les recevoir mais, faudrait-il, encore, attendre un petit instant. Apparemment, l’étranger n’est pas admis dans la Cour «sacrée» ! Il est reçu, juste, à l’entrée de celle-ci. Deux troncs de rôniers placés à l’entrée du palais servent de salle d’attente. Assis sur ces sièges sculptés pour la circonstance, le groupe composé de journalistes et de guides touristiques du Cap Skiring peut admirer la manie des «orphelins du Roi». Ce matin, ils donnent un coup de main à leur parrain. Avec une dextérité impressionnante, les mômes tissent de la paille sèche devant servir d’abri en ce début d’hivernage. La récréation est vite interrompue par l’annonce de l’arrivée de sa Majesté. Le Roi sort de son palais. D’un pas assuré, Siculumbaï Diédhiou se dirige droit vers l’assistance à qui, il lance un «safoul», bonjour en diola avant de s’asseoir sur un tabouret installé en face du groupe. 

La philosophie du peuple païen d’Oussouye

Porte-parole, François Diédhiou dit «Pompidou», l’oncle du Roi insiste sur le fait que son neveu est différent des autres rois. Sa Majesté, éclaire-t-il, est un «Chef religieux, spirituel et traditionnel. C’est un Atémite ou l’être Suprême, le propriétaire des cieux». Selon les explications de Pompidou, il n’est pas possible de voir cet être Suprême, mais, l’on croit ferme qu’il a des collaborateurs sur terre. Et ce sont «les esprits qui sont ces intermédiaires entre Dieu et les hommes». La philosophie atémite veut que cet esprit soit être concret car, il incarne le fétiche. C’est la raison pour laquelle, «les plantes et objets ne sont pas adorés». Ce «collaborateur de Dieu reçoit les offrandes, prie et intercède pour les personnes auprès des Dieux». Dans l’imaginaire de ces croyants, ces esprits ne peuvent pas être égaux ; «il y a une hiérarchie, les forts et les autres».

Aujourd’hui, dans le Oussouye, Siculumbaï Diédhiou détient la «puissance la plus importante de la zone». C’est pourquoi, selon «Pompidou», il s’élève au-dessus de ses sujets pour garder une totale neutralité. Ce qui fait qu’il est apolitique. «Le Roi ne vote pas et il n’exprime pas son opinion par rapport à une idée politique». N’empêche, observe «Pompidou», il reste un interlocuteur et collaborateur privilégiés des autorités administratives du pays.

Le balai, symbole de sa puissance

Sa tunique rouge rappelant  «Superman» laisse transparaître un «thioup» bleu. Tandis qu’une chéchia rouge coiffe sa tête. Il ne porte pas de chaussures. Le Roi d’Oussouye marche toujours pieds nus, il n’a pas de voiture et non plus de garde du corps. Son physique trahit bien ses 52 ans. Il est de teint noir d’une taille d’un mètre soixante environ. Dans cette partie de la Casamance, les gens se plaisent à dire que leur Roi est jeune. De rappeler que «Man» est un ancien employé des hôtels du Cap. Un poste qu’il occupait jusqu’à son intronisation comme Roi d’Oussouye.

Comme à l’accoutumée, il détient toujours, par dévers lui, un balai à la main droite. Lequel balai est symbole de sa «puissance». Siculumbaï le garde bien posé sur son orteil droit. Le Roi sue légèrement. Sa main gauche posée sur le genou expose un bracelet en argent mat. L’air concentré, la stature bien droite, il réécoute attentivement l’exposé sur la royauté fait par son oncle et porte-parole, François Diédhiou dit Pompidou.

«Man», représentant de Dieu sur terre

 Sa Majesté est vénérée. Pour cause, «Man» est l’être qui représente Dieu sur le monde païen du «Blouf» et il arrive en troisième position : «Après Dieu, les Esprits, c’est lui qui gère les hommes sur terre». A cet effet, il a obligation de veiller à ce que les «dogmes soient respectés». Avant tout, le respect des droits de l’homme prime, fait remarquer le présentateur. Tout comme les crimes sont «bannis» de cet univers animiste. Cette croyance veut que l’auteur d’un crime «se confesse publiquement et obéisse aux recommandations des Esprits». Par exemple, «si ces Esprits peuvent demander des bœufs pour la faute soit pardonnée, sinon, le criminel va connaître des malheurs. Soit directement ou indirectement». Non plus, d’autres faits, comme la soustraction frauduleuse sont «formellement» interdits. Ici, «on ne vole pas», lance l’interprète.

«Man» est gardien de la paix. Il veille «constamment» sur les populations. D’où l’obligation d’intervenir, aussitôt, en cas de conflit pour réconcilier les villages belligérants. Sans les «juger» !  A cet effet, «il suffit qu’il lève le balai et le conflit est fini». Ce qui fait d’ailleurs, «qu’il n’existe pas de rébellion dans la zone d’Oussouye car tous les maquisards sujets du roi ont déposé les armes».

Dans cette société fortement ancrée dans les valeurs traditionnelles, le roi est «nourricier» ! Siculumbaï a mandat de s’assurer que ses sujets n’ont pas faim. Au besoin, il donne à manger et même à fumer. Quiconque a faim en fait la demande au Roi qui le lui fournit discrètement. Le Roi acquiesce de la tête et sourit. Les rizières royales sont entretenues à tour de rôle par les villages vassaux du royaume d’Oussouye. La production tirée de ces rizières est gardée dans des greniers pour parer à toute éventualité. Bref, pour garantir la sécurité alimentaire.

Les femmes dans la Cour, un sujet tabou ?

Tout le quart d’heure que cet exposé a duré, Sa Majesté s’est contentée d’écouter, de sourire et de hocher la tête par moments. Les informations fournies par l’oncle du Roi sont certes instructives, mais les journalistes ont hâte de s’adresser à leur hôte, de lui poser des questions. Seulement, il faudra encore attendre. Siculumbaï Diédhiou va, à la fin de l’entretien, s’adresser aux visiteurs et son oncle répond aux questions de la presse. 

Les rapports entre le Roi animiste et les autres religions révélées sont «excellents». «Il n’y a pas de problèmes avec les chefs religieux», assure «Pompidou». Ils vivent, tous, en pleine harmonie. Sa Majesté est toujours l’invité de marque, des autres fêtes religieuses ; il en est informé à temps et comme il se doit. La Cour se plait d’ailleurs à raconter une petite anecdote : «Un jour, on a tardé à informer le Roi d’un gamou annuel. A l’approche de l’évènement, Sa Majesté a, comme d’habitude, pris toutes ses dispositions pour envoyer sa contribution sans avoir reçu l’invitation (…)». Un exemple réussi du dialogue inter-confessionnel et preuve d’une belle cohabitation. Siculumbaî Diédhiou est un «personnage qui joue un rôle d’équilibre dans la société», s’enorgueillit-on à Oussouye.

Par contre, «c’est un peu compliqué» que d’évoquer la place des femmes dans cette royauté. On fait dans le langage ésotérique ! «Les fétiches des hommes et des femmes sont différents et personne ne doit percer le secret de l’autre», se contente-t-on de dire. Pas plus ! Le Roi a une «vie énigmatique» et les populations y croient comme du béton. Il a bien sûr sa maison familiale, là où vivent ses épouses. Hélas, les reines ne logent pas au Quartier général (Qg)

Le Chef spirituel prie pour la paix

Enfin, le Roi va parler. Ses premiers mots en diola s’adressent à ses collaborateurs : «Qui d’entre vous va assurer la traduction ?» Siculumbaï Diédhiou préfère s’exprimer en diola même s’il parle la langue de Molière. Tel est le propos liminaire traduit par l’oncle qui n’est pas encore essoufflé. Le verbe est posé et rythmé par une gestuelle. «Le Roi vous salue et vous souhaite la bienvenue dans son royaume et souhaite la paix à chacun».

Enthousiasmé par ce voyage de presse organisé par les hôteliers du Cap Skiring et par Air Sénégal international pour booster le tourisme, levier majeur du développement économique et social de la zone, l’ancien employé d’hôtel est heureux d’accueillir les journalistes. «Parce que vous êtes des journalistes et que vous devez parler de notre zone en toute responsabilité que je suis prêt à répondre à toutes vos interpellations. C’est une bonne chose que vous soyez venus chez nous car, votre visite va aider à développer cette partie du pays. Le Roi n’est pas bavard et son discours n’est pas long mais, il a le temps de «toujours prier pour ceux qui viennent le voir avant, pendant et après leur venue». Prenant congé de ses hôtes, le chef spirituel païen prie encore pour ses invités-surprise et termine par ces mots: «Allez en paix, rentrez en paix». Amen!

par joeblack publié dans : Afrique noire
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Vendredi 4 janvier 2008

KANO (Nigeria) - Le nombre de viols sur enfants mineurs a augmenté de manière "alarmante" à Kano, capitale commerciale du nord du Nigeria, par des agresseurs "convaincus" que leurs actes pourraient les guérir du sida et les rendre riches, ont indiqué mardi des responsables nigérians.

NDLR: Ce n'est pas du racisme mais force est de constater que pour croire en des inepties pareilles ne relève pas d'une quelconque forme de raisonnement humain. Tiens ! Ca me me fait penser au islamistes et leurs 72 vierges. Même tabac...

"Les viols sur des filles mineures dans cette ville se propagent et deviennent alarmants", a déclaré à l'AFP le numéro 2 de la police à Kano, Suleiman Abba.

Depuis juillet 2007, la police a dénombré 54 cas de viols sur enfants et effectué 60 arrestations liées à ces affaires.

"C'est une augmentation importante comparée aux 36 cas enregistrés durant les six premiers mois de 2007. Dans certains cas, les victimes sont violées par des gangs", a souligné M. Abba.

Il a ajouté que les suspects de viols étaient âgés entre 45 et 70 ans tandis que leurs victimes, principalement des petites filles, n'avaient qu'entre 3 et 11 ans.

"De nombreux cas n'ont jamais été rapportés car les parents veulent sauver l'honneur de leurs filles", a-t-il ajouté.

La volonté de cacher ces crimes devient tragique pour les petites victimes dont certaines ont besoin d'une chirurgie réparatrice et sont contaminées par les maladies de leurs agresseurs, qui espéraient s'en "débarrasser" en violant leurs victimes, ont indiqué des responsables de la santé.

Certains violeurs sont convaincus que les viols sur enfants font partie d'un rituel pouvant les rendre riches, tandis que d'autres pensent que ces actes peuvent les guérir du sida et de différentes maladies sexuellement transmissibles, a déclaré Ibrahim Abdullahi, porte-parole d'une institution chargée d'améliorer la moralité dans l'Etat de Kano.

"C'est un triste développement qui nécessite des efforts combinés du gouvernement, des services de sécurité et du public pour les combattre", a déclaré Aminuddeen Abubakar, qui enseigne l'Islam à Kano.

"Des gens violent des petites filles (...) car des hommes qui ont de l'influence sur eux leur disent que c'est une pré-condition pour devenir riche", a-t-il dit.

L'augmentation des cas de viols est devenue palpable en 2004, plus prononcée en 2005 et "alarmante" en 2007.

La Charia (loi islamique) instaurée dans l'Etat de Kano en 2001 prévoit la peine de mort pour viol.

Le manque de volonté des parents pour porter plainte contre des violeurs présumés est le principal obstacle pour les traduire en justice.

"On est coincés (...) on ne peut pas les poursuivre sans témoins et les parents ne sont généralement pas prêts à aller en justice et témoigner. Sans témoins, l'affaire est close et le suspect est relâché. Et cela fait mal", a ajouté M. Abba.

par joeblack publié dans : Afrique noire
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